L’identité est énergie

Photo L.Pontes

Photo L.Pontes

C’est drôle… On dirait que plus l’époque accélère et plus la danse contemporaine ralentit. Sofia Fitas, danseuse lisboète de formation classique, livre une pièce d’une lenteur telle que le mouvement devient complètement imperceptible. La danseuse s’est produite samedi 25 janvier 2014, salle Jacques Fornier dans le cadre du .

Dos au public, moulée dans un costume noir, elle ne laisse apparaître que ses deux mains, nues. “Comme le visage humain attire naturellement toute l’attention, j’ai voulu le cacher pour que le spectateur se focalise sur mes mains”. Etrange parti pris quand le thème de construction du solo est l’identité. Une douche illumine donc ces deux mains évoluant millimètre par millimètre durant une quinzaine de minutes.

Si bien que l’oeil habitué à plus de rapidité, ne photographie que des positions différentes. Entre deux, il divague, il virevolte. La tension de la lenteur est forte, surtout pour la danseuse qui avoue l’emmagasiner très fortement dans son corps. Le silence conjugué des spectateurs crée un cocon a-sonore pour accueillir ce duo perdu dans l’espace noir de l’entière salle de spectacle devenue partage.

“L’énergie du corps devient mon identité.” Concentrée sur un mouvement maîtrisé à l’extrême, Sofia Fitas réserve les cinq dernières minutes au relâchement de toute cette énergie à travers une danse – sorte de négatif visuel de Carolyn Carlson dont on se souvient de la robe immaculée,  de la blondeur angélique et des bras aériens. Sur une transe spatiale, la danseuse cachée derrière ses cheveux noirs décharge l’électricité qui crispait ses bras dans l’air, à la rencontre d’une musique magnétique.

Le corps, selon Sofia FItas, “c’est une possibilité et non une identité”.

Les commentaires sont clos.

  1. superbe article merci

    tbruiz le samedi 22 février 2014 à 16h56