La Générale de santé va-t-elle enfin accoucher de son hôpital privé à Dijon ?

La ville de Dijon va-t-elle finalement avoir son hôpital privé ? Depuis le temps qu’on en parle, il semblerait bien que cette fois-ci, ce soit pour de bon. “Nous en sommes toujours aux études”, prévient Jean de Mercy, responsable du projet au cabinet d’architecture AIA. “Mais les grands choix sont faits”. L’ devrait entrer en activité au début de l’année 2018.

C’est la (GDS) qui est aux commandes. Anciennement issu de la Générale des Eaux, ce groupe privé mastodonte règne sans partage sur le domaine de la santé en France. Coût total de l’investissement pour cet hôpital Dijon Bourgogne : 70 à 75 millions d’euros. Il va regrouper l’activité des cliniques privées de Sainte-Marthe, au centre-ville de Dijon, de Fontaine-lès-Dijon et de Chenôve. “C’est une réorganisation complète de l’espace de soin, avec un concept novateur”, a détaillé Filippo Monteleone, directeur général délégué de la GDS, à l’occasion d’une conférence de presse, vendredi 31 janvier 2014. “Nous sommes, je crois, à la pointe de la technologie et de l’organisation”.

Un objectif : que vous restiez le moins de temps possible

L’accent est clairement mis sur la chirurgie ambulatoire. En clair, le but est de vous faire rentrer dans l’hôpital, vous opérer et vous faire sortir le plus vite possible. “Quand un patient va se faire opérer, la première chose qu’il demande, c’est quand il va sortir”, argumente Pierre-Olivier Costa, directeur de la clinique de Dijon. “Il n’est pas souhaité de rester dans un établissement hospitalier. Le moins que l’on puisse faire, c’est donner au patient un bon environnement.”

Pour accélérer le temps d’hospitalisation, le bâtiment est conçu de manière à ce que toute la partie opératoire se trouve au rez-de-chaussée. Cardiovasculaire, orthopédie, ophtalmologie, maternité et consorts s’articulent autour d’un grand “plateau médical” (en vert pâle et vert pomme sur le plan).

La plan du rez-de-chaussée |Cabinet AIA

La plan du rez-de-chaussée |Cabinet AIA

“80% des gens qui viennent ne prennent pas d’escalier ou d’ascenseur. Le circuit entre l’arrivée, la prise en charge et la sortie est le plus court possible”, résume Pierre-Olivier Costa. Au-dessus de cette partie accueil et opération, deux étages d’hébergement. Au total, 288 lits. C’est moins que le nombre de places regroupées des cliniques actuelles. “Aujourd’hui, nous sommes en surcapacité. Avec l’ambulatoire, nous avons besoin de moins de lits”, plaide Filippo Monteleone.

Le développement de l’ambulatoire correspond aux grandes lignes fixées par l’. “Du point de vue de la sécurité, la meilleure technique pour éviter les infections, c’est que les patients restent le moins longtemps possible dans l’hôpital”, affirme Pierre-Olivier Costa. Par ailleurs, la prise en charge en ambulatoire permet de réduire le nombre de personnels. Ce qui est loin d’être négligeable. Les établissements hospitaliers cherchent de plus en plus la rentabilité économique.

La Générale de Santé est notre présent et notre avenir économique

“En ambulatoire, les flux sont très courts, donc il faut prévoir beaucoup de places de parking”, enchaîne Jean de Mercy, l’architecte. Bien lui prend d’y penser, alors que le manque de place au fait polémique en ce moment. 445 places, au total, sont prévues pour ce nouvel hôpital privé. Qui devraient être suffisantes pour accueillir les 43 000 patients attendus par an. Au total, le site aura une surface de 20 000 m2. Auxquels il faut ajouter une maison médicale de 5 000 m2, derrière, pour accueillir les médecins privés.

L’établissement sera implanté dans la zone d’activité Valmy, au Nord de l’agglomération dijonnaise. Il fait partie d’un projet d’aménagement porté par la Semaad. “Cet hôpital privé Dijon Bourgogne, c’est plus qu’un projet, c’est une ambition”, affirme Thierry Coursin, directeur de la Société d’économie mixte d’aménagement de l’agglomération dijonnaise. “C’est le plus gros investissement immobilier à moyen terme sur notre territoire, une opportunité économique de grande ampleur”. À tel point que l’hôpital sera desservi par un arrêt de tram, et qu’un échangeur sur la voie rapide est en cours de construction par la Semaad. “La Générale de Santé est notre présent et notre avenir économique”, conclut Thierry Coursin.

En 2010 déjà, François Rebsamen annonçait que la Générale de Santé allait déposer un permis de construire avant le 31 décembre de la même année. La première pierre devait être posée en 2011. À cette époque, le projet était estimé à 110 millions d’euros. Une présentation officielle avait même été faite.

Les commentaires sont clos.

  1. Et les pathologies non rentables (hospitalisations longues…)on les laisse à l’hôpital public…c’est bien mieux pour la rentabilité de la GDS!

    marie le lundi 3 février 2014 à 16h08

  2. @Marie, si vous parlez des EHPAD, vous ne pouvez pas dire que cela ne concerne que le public, je vous signale que même dans le privé vous trouverez des établissements sans but lucratif.
    N’oubliez pas que l’activité de santé est régie au niveau régional par les ARS qui en déterminent le cadre d’exécution. Il faut sortir d’une vision souvent étroite et idéologique qui introduit une polémique là où il n’y a pas lieu de le faire, et ne pas tomber dans l’angélisme c’est certain.
    Les actes pratiqués ne sont pas les mêmes, les choix des professionnels de santé restent compatibles avec le modèle libéral de la santé (qui n’a rien à voir avec le libéralisme économique attention, les mots ont un sens) comme le modèle public.
    Si vous parlez d’hospitalisation longue en médecine/chirurgie, liée à la pathologie, il est certain que l’hôpital public occupe le devant de la scène, c’est du essentiellement à la typologie des plateaux techniques, au regroupement des compétences qui, encore une fois, diffèrent dans les pratiques et les périmètres d’intervention. Ces hospitalisations ne sont pas dévalorisées, bien au contraire, et génèrent des compléments de facturation parfaitement justifiées au vu des coûts importants de prise en charge (facturation dite en sus des GHS).
    Le bémol est sur le versement des contributions de l’état du au titre des MIG/MIGAC, missions d’intérêt général (urgences notamment) et celles liées à l’activité de recherche générant des coûts et zéro recette. A Dijon, l’état s’est déjà permis de faire défaut, i.e. le gouvernement (Fillon) refusant de verser au CHU les sommes dues au titre de ces missions, pourtant votées par la représentation parlementaire et ayant donc force de loi.

    Calder le lundi 3 février 2014 à 18h40

  3. De quoi parle-t-on Nicolas ? d’opportunité et d’avenir économique ou de santé, de soins, de prendre soin ?!

    Séverine le vendredi 7 février 2014 à 10h01

  4. Nécessaire espace jardin un peu rikiki

    Dijon Autrement le samedi 4 octobre 2014 à 17h30

  5. et oui! la rentabilité: des actes chir qui rapportent ,des” malades” ,jeunes et dynamiques,bien cortiqués , bien entourés ,Vite Sortis.”les vieux seront réhospitalisés via les Urgences dans les 3 jours après sortie.Dommage!ce sont “les vieux” qui sont le + blessé ou malades, alors faudra du personnel:: des lits

    chevalier le dimanche 5 octobre 2014 à 16h45

  6. c est pour faire tourner “le bâtiment” ?et que devient Notre Hôpital Général, sans cesse rénové et fonctionnel il y a peu encore , situé plein centre Dijon.Ah! oui fallait satisfaire les projets rebsamiens: la cité gastro?et les malades ça le fait pas,dans la devanture!

    chevalier le dimanche 5 octobre 2014 à 16h54