Je veux juste une dernière séance…

Conseil municipal de Dijon du lundi 18 novembre 2013 | Photo Jonas Jacquel

Conseil municipal de Dijon du lundi 18 novembre 2013 | Photo Jonas Jacquel

éteint son micro, referme la chemise contenant quelques documents. “Il y a une vie après le conseil municipal”, disait-il quelques minutes plus tôt. Les conseillers se lèvent. Le dernier conseil municipal de sa mandature vient de se clore. La fin d’une séquence politique qui va en annoncer une autre, celle des élections municipales.

Dans le public de la salle de Flore, les états-majors de plusieurs candidats veillent au grain. Dans les rangs même des conseillers, plusieurs repartiront sur la liste de François Rebsamen ou celle d’Alain Houpert… Ils étaient donc réunis une ultime fois, lundi 27 janvier, dans une ambiance de salle de classe.

Le bilan de l’opposition

18h30. Au micro, François Rebsamen sonne la fin de la récréation. La salle est encore bruyante. Les conseillers n’ont pas l’air décidés à se mettre au travail. Sur les tables, on trouve déjà quelques ardoises, électroniques bien entendu. Elles s’allument rapidement, alors même que l’appel n’est pas encore totalement terminé. Chantal Trouwborst hésite. Est-elle présente ou pas ? Elle-même ne sait pas trop.

Au fond, des bonbons circulent. Pendant six ans, les débats ont parfois été vifs, les batailles ardues. “Nous nous sommes même accrochés”, note , le chef du clan de l’opposition. “Au-delà des différences politiques qui nous séparent, nous avons toujours eu à cœur, au sein du groupe Initiatives Dijon, de défendre l’intérêt général et l’intérêt de notre ville”. Celui qui est aussi conseiller général de Côte-d’Or ne briguera pas un nouveau mandat.

Quelques minutes auparavant, en conférence de presse, plusieurs de ses collègues – du même clan – avaient additionné les superlatifs pour définir les qualités de l’homme. “L’opposition a toujours été unie et constructive, refusant de tomber dans la facilité”, note de son côté .

En face d’eux, le professeur, maire sortant, n’est pas encore candidat. Une formalité qui devrait être officialisée le 6 février prochain, ce qui ne l’empêche pas de glisser quelques mots : “Ceux qui mènent la danse aujourd’hui ne sont pas ceux qui la mèneront demain”, lance-t-il comme un vœu visant à faire durer le moins possible la session.

Mais l’opposition ne l’entend pas forcément de cette oreille. “Il ne peut pas réunir le conseil cinq fois par an et nous demander de parler moins”, sourit Laurent Bourguignat. Ce sera d’ailleurs le premier à passer à l’offensive en regrettant l’état de vétusté du réseau de chaleur du quartier de la Fontaine d’Ouche. “La nouvelle délégation a été attribuée en fonction du nombre de kilomètres de canalisation renouvelés”, rassure l’adjoint au maire André Gervais. Les travaux doivent débuter à la fin de l’hiver.

Le plaidoyer du maire

Avec l’approche des élections, le sénateur-maire de la ville avait suspendu les travaux de voiries. Car la campagne n’est jamais bien loin. Quand on parle des musées, un petit tacle bien placé au MuséoParc Alésia, quand on évoque la fermeture de l’accès au passage Darcy, le maire se lance dans un plaidoyer pour défendre sa ville : “Dijon est la 67ème ville pour ce qui est des faits de délinquance ; c’est aussi une des seules grandes villes de l’Est de France à gagner des habitants”, assure-t-il. “Alors quand j’entends un candidat dire qu’il faut reproduire le modèle de Troyes, il faut expliquer que Troyes a perdu 2 000 habitants ces dernières années”.

Mais n’allez pas croire que le conseil municipal se transforme en tribune post-électorale. Loin de là. “Ce n’est pas le but”, assure même François Rebsamen avant d’embrayer très rapidement. “Dès que vous critiquez Dijon, vous perdez des voix. Je voudrais quand même que vous en ayez un peu”. venait de vivement critiquer la politique “peu innovante”, de la municipalité en matière de culture. Citant les exemples de Lyon, Metz et Lille.

“À de trop rares occasions, vous nous avez écouté, monsieur le Maire”, interpelle François-Xavier Dugourd. “Lorsque vous avez repris notre proposition d’installer des caméras de vidéoprotection ou bien de construire l’avenir du site de l’hôpital général autour d’un grand projet touristique”. Sans lever la main, plusieurs s’échappent, le temps d’une pause aux toilettes.

Adieu, à bientôt

Mais à l’heure des départs, les adieux peuvent parfois être déchirants. note les “joutes verbales”, à répétition et les “engagements”, de François Rebsamen. Faisant de lui “un adversaire redoutable [qu’il] a pris plaisir à combattre”. Parmi les adjoints, plusieurs ne reviendront pas dans la salle après la trêve.

Aux premiers rangs desquels Yves Berteloot, adjoint à la Culture et arrêté en marge d’une manifestation en février 2013. Mais aussi Nelly Metge, déléguée à l’emploi, Marie-Joseph Durnet-Archeray, déléguée aux musées ou encore Élisabeth Biot, déléguée aux relations internationales. “Vous avez fait beaucoup, avec peu”, note François Rebsamen. Et de chiffrer les frais de mission des élus à 207 euros par an et par conseiller. “Douze fois plus à Bordeaux, onze fois plus à Montpellier”.

Finalement, la discorde viendra, sans grande surprise, sur les questions d’urbanisme avec la révision du Plan local d’urbanisme. “La limite que vous franchissez et que nous refusons de franchir est celle du ‘bétonnage’, celle qui rompt l’harmonie des quartiers et qui à terme détruit peu à peu leur identité”, explique Franck Ayache. “Il plonge dans le piège”, mime .

Le piège ? C’est la petite pique distillée par à l’intention de François-Xavier Dugourd, dont l’ancienne maison – qui ne lui appartient plus donc – a été vendue pour construire un immeuble. “On pourra faire du logement social, ça me rappellera le combat du 65 avenue Victor [Le numéro de la villa bourgeoise divisée en en logements sociaux, NDLR]”, explique François Rebsamen en préambule du conseil.

“Aimez votre ville”, ajoute encore François Rebsamen, comme pour tenter de ramener le calme dans sa salle. Mais quand le fayot lève la main et lâche “Monsieur le sénateur-maire de l’année”, le sourire revient sur tous les visages. C’est qu’il sait s’y prendre pour flatter l’égo ! Mardi 28 janvier, François Rebsamen doit en effet recevoir le prix du Trombinoscope du sénateur de l’année. Il avait déjà reçu celui d’élu local de l’année en 2006.

Mais voilà, la cloche sonne, c’est la fin. Pour une dernière, les élus n’auront pas manqué de vivacité. Un brouhaha s’élève dans la salle de Flore. “Vous pouvez prendre vos chevalets”, parvient-on à entendre. Ni une ni deux, chacun saute dessus, comme un souvenir. Manteaux et sacs sur le dos, les conseillers du clan majorité se retrouvent dans l’arrière salle pour fêter, avec leur professeur la fin de cette séquence… Ce n’est qu’un au revoir.

Les commentaires sont clos.

  1. Quand on voit le niveau de l’opposition , 5 fois par an, c’est bien suffisant pour entendre les critiques creuses et stériles … Exemple: FX Dugourd sur le passage Darcy qui patauge, L Bourguignat sur la bibliothèque,etc… Quant au bel immeuble Seger qui va prendre la place de la maison de Dugourd,l’anti-bétonnage de la droite locale n’a qu’à bien se tenir! Ils se ridiculisent tout seuls! Rebs a raison, plus la droite parle plus ils perdent des voies!

    PolUneTourtel le mardi 28 janvier 2014 à 12h09

  2. Et Houpert qui ne vient même au Conseil Municipal quand les autres têtes de listes sont là… Il trinquait à Salives avec Bichot ou à St Romain ou à Vesoul?

    Cathy le mardi 28 janvier 2014 à 12h13

  3. Très bon article.
    Auto-Parodie de la vie politique par ses mêmes actrices & acteurs.
    Pas d’alternance valable, ni-même parmi la garde rapprochée du SM.
    Peut-être un espoir avec Philippe Delvallée allié avec l’excellent
    André Gervais qui lui seul aurait mérité et mérite encore le ruban.

    Dijon Autrement le mardi 28 janvier 2014 à 13h22

  4. Dijon mérite t’elle cette bataille d’égo d’élus PS qui donnent une image peu respectueuse et d’élus de droite parfois bien navrants ?

    On attend avec impatience de voir les programmes des uns et des autres, pour espérer sortir de leurs petites phrases qui ne dessinnent pas la ville de demain.

    @ Dijon Autrement : André Gervais a porté le tram, très bien, et quoi d’autre ?

    Joseph B le mercredi 29 janvier 2014 à 0h35

  5. Les Dijonnais que Monsieur REBSAMEN a ignorés tout au long de son mandat, ses amis politiques qu’il a méprisés ( les verts, les communistes sauf son apparatchik du tramway …), n’ont qu’une hâte: utiliser leur vote pour dire librement ce qu’ils en pensent . Au Sénat ,depuis des mois, les communistes votent comme la droite. A Dijon, le mois de mars pourrait bien réserver des surprises…

    CLEMENCEAU le mercredi 29 janvier 2014 à 10h19

  6. Décidément, j’ai comme l’impression que Mr Alain HOUPERT dérange un peu ! Mais il n’y a pas photo, à choisir entre Alain HOUPERT et François REBSAMEN, oh là là, Moi, je sais pour qui je vais aller voter, oui oui pour Alain HOUPERT et avec le sourire ! Changeons d’ère, oh oui !!! il le faut et vite !!!!

    Princesse le mercredi 29 janvier 2014 à 17h30