Pendant la pièce, le Théâtre Dijon Bourgogne et le Zigolo café gardent vos enfants

Photo Jonas Jacquel

Photo Jonas Jacquel

Pas toujours facile de sortir lorsqu’on est jeunes parents. À défaut de pouvoir mettre la poussette dans la voiture, il faut souvent payer le double du spectacle que l’on souhaite aller voir pour s’offrir les services d’une baby-sitter. Alors le a trouvé une solution.

Depuis le début d’année, en partenariat avec le , le théâtre propose aux parents de jeunes enfants de venir assister à une représentation et de leur laisser leurs progénitures. Un bon plan qui semble faire l’unanimité et qui va se répéter, samedi 25 janvier à 17h.

Une demande forte

Au bout de la rue Monge, sa façade colorée vous a déjà peut-être interpellé. Le Zigolo café est installé là, à deux pas de l’ancien Rectorat, depuis quelques mois. À l’intérieur, une odeur de chocolat emplit la pièce principale. Fabien, l’un des bénévoles prépare une pâte à gâteau. De larges armoires laissent entrevoir une bonne centaine de boîtes de jeu dont “aucune ne vient de grandes surfaces”. Sur un mur, deux rouleaux de papier ou les enfants peuvent dessiner.

Le Zigolo café est “le seul établissement pour les moins de 16 ans” à Dijon. Certifié sans alcool, sans pub et avec ou sans parents. “Nous avions du mal à toucher les personnes de trente ou quarante ans”, note Sophie Bogillot, responsable des relations avec le public du Théâtre Dijon Bourgogne. Dans la droite ligne de sa campagne “Et si vous changiez d’avis sur le théâtre”, la structure a décidé de faire appel aux Zigolos, qui “partagent le même mode de fonctionnement et les mêmes valeurs”.

Et l’alchimie prend rapidement. Samedi 25 janvier, ce sera la troisième fois que des bénévoles de l’association exportent leur café, à deux pas du Parvis Saint-Jean, dans la salle commune de l’école Saint-Ursule. “C’était un nouveau challenge pour nous”, commente Léa, de l’association. “Nous avions l’habitude de nous déplacer dans des centres sociaux par exemple. Cette fois, nous voyons l’école différemment et cette proximité avec le théâtre nous permet d’accueillir un nouveau public”.

La première fois, vingt-six goûters ont été servis. Les enfants étaient seuls ou parfois accompagnés d’un membre de leur famille. “Lorsque nous sommes dans nos locaux, nous considérons qu’au-dessus de huit ans, l’enfant peut être seul, c’est à dire sans ses parents, mais avec nous”, explique Amélie Gautherin, bénévole de l’association depuis 2011. “Lors de ces événements particuliers, la barrière de l’âge tombe, pour des questions pratiques”.

Des jeux, de la cuisine et du théâtre

Et n’allez pas lui dire qu’il s’agit en réalité d’une déclinaison d’un centre de loisirs. Elle esquisserait ce même sourire crispé. Avant de revenir sur l’idéologie du concept. “C’est avant tout un lieu de détente, les enfants peuvent venir, jouer librement, participer à un atelier, faire de la cuisine, déguster des produits locaux”. Les possibilités sont multiples.

“Pour ces cafés délocalisés, les enfants peuvent faire des activités autour de la pièce que leurs parents sont en train de voir”, souligne Sophie Bogillot. “Nous transportons notre espace de création, nos jeux, nos ateliers pâtisseries”, complète Léa. “Lors du premier spectacle, nous avons réalisé des petites scénettes avec les enfants sur le thème de la place des femmes dans les histoires. En sortant, ils peuvent interagir avec leurs parents”.

Ensuite, libre à l’enfant de faire ce qui lui plait. “Parfois, les enfants ont seulement besoin de ne rien faire, de regarder les autres, c’est très important de les laisser”, souligne Noémie. Et de plus en plus la bénévole voit des jeunes adolescents franchir la porte du café : “Ce sont plus facilement des garçons, ils viennent entre copains pour jouer une heure ou deux avec les nombreux jeux que nous avons”.

Depuis quelques mois, des assistantes maternelles et des auxiliaires de vie scolaire, des grands-parents viennent. “Nous avons même plusieurs enfants handicapés qui viennent avec l’association Dessine-moi un soleil”, se félicite Noémie. “Les enfants n’ont pas d’a priori sur le handicap et la couleur de peau, ils reproduisent les codes de leurs parents. C’est donc extrêmement important de les faire se côtoyer”. Un travail va aussi bientôt débuter avec la communauté Rom.

Pas de propagande

Rue Monge, l’association partage ses locaux avec Le Dé masqué, un café pour ludophiles. De quoi réduire les frais. Car pour l’instant si l’adhésion s’élève à trois euros par enfant et cinq euros par parent, les petits ne doivent quasiment rien débourser en plus pour avaler quelque chose au café. “Nous fonctionnons avec des tickets PAF. PAF pour Participation aux frais”. En clair, en déboursant entre 1,5 et 3 euros, ils bénéficient d’un sirop et d’un gâteau, la plupart du temps fait maison.

Un maraîcher des Halles offre même, en fin de semaine, les produits qu’il ne pourra pas vendre. Ils sont utilisés pour confectionner les repas du midi qu’il est possible de prendre sur place. “Nous fonctionnons beaucoup avec la BioCoop ou La Vie saine, une consommation locale que nous jugeons plus responsable”, poursuit Noémie. “Pas question cependant de faire de la propagande ou du bourrage de crâne. Si les enfants nous demandent, nous les sensibilisons, dans le cas contraire non”. À ce jour, l’association compte déjà plus de 400 adhérents.

Les commentaires sont clos.

  1. L’Opéra de Dijon, ponctuellement, organise une activité garderie-ludique pour permettre aux jeunes parents d’assister au spectacle. Ainsi pour La Pellegrina, les 1er, 2, 4 et 5 février prochains. Toutes ces initiatives sont bienvenues…

    Andorcet le samedi 25 janvier 2014 à 10h19

  2. bonjour,
    parallèlement à l’option “garde d’enfants”, le problème qui se pose est celui de la garde des véhicules, car les garages publics sont fermés à 22h en semaine et minuit le week end. de ce fait on ne peut plus sortir le soir, sauf à partir avant la fin de la pièce…. ou avant le dessert.

    Ju le vendredi 31 janvier 2014 à 8h45

  3. j’avais déjà fait, en 2011, une telle proposition au théâtre…mais à l’époque il n’avait pas donné suite.
    le théâtre aurait peut être pu solliciter plusieurs prestataires…afin d’avoir plusieurs propositions?

    tsmi le vendredi 31 janvier 2014 à 10h38