Et si Jean-Pierre Foucault sauvait l’économie locale ?

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En décembre 2013, en lâchant “quand on dort à Dijon, on se réveille à Dijon”, le présentateur-vedette de TF1 Jean-Pierre Foucault a provoqué l’indignation de milliers de Dijonnais.

Mais en se moquant ainsi publiquement de leur chère ville, l’animateur a fait plus que provoquer un buzz bien alimenté : il a réussi l’exploit de réveiller en chacun des habitants un sentiment oublié : le “chauvinisme local”.

Et certains d’entre eux ont trouvé dans cet amour nouveau pour la ville un très bon filon économique…

“J’aime Dijon”, rendez-vous quotidien des amoureux de la ville

Peut-être plus que d’autres villes françaises, Dijon souffre d’un large déficit identitaire, réduite hors ses murs à quelques clichés folkloriques comme le pain d’épices, le ban bourguignon ou la moutarde. Certes cette dernière reste connue dans le monde entier, mais elle a tendance à largement contribuer à tourner en ridicule une ville impossible à placer sur une carte, et dont on ne sait rien de plus.

Est-ce à dire que les n’aiment pas leur ville ? Loin s’en faut, à voir l’application que des milliers d’entre eux mettent à la défendre chaque jour sur Internet. Christophe Ribot, communicant de métier et administrateur de la page Facebook “J’aime Dijon” depuis juillet 2010, est bien placé pour le savoir. Sur son temps libre, il s’adresse chaque jour à plus de 7 500 personnes, commentant l’actualité locale ou relayant les occurrences dijonnaises dans la presse nationale. Bref, “un grand fourre-tout” comme il le dit lui-même, à l’origine destiné à publier des photos d’un “Dijonnais de cœur tombé sous le charme de la ville”.

Mais la page J’aime Dijon est aussi le lieu idéal pour jauger l’humeur des habitants sur une actualité. Notamment l’affaire Jean-Pierre Foucault, dont les rebondissements ont été largement relayés par son administrateur. Et l’application que les internautes ont employée pour défendre leur chère ville à coup de commentaires et de réactions a stupéfait Christophe Ribot lui-même : “Avec 21 000 personnes individuelles atteintes sur un statut, l’histoire de Jean-Pierre Foucault a permis de réaliser les meilleurs scores de la page ! Lorsque l’humoriste Nicolas Canteloup en remet une couche, 20 000 personnes. Lorsque François Rebsamen, le maire de la ville lui répond, 26 000”.

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Capture d’écran de la page Facebook “J’aime Dijon”

Des chiffres ahurissants à l’échelle de la ville et de l’activité moyenne de ses habitants sur les réseaux sociaux. Alors son administrateur a réalisé “l’énorme taux d’engagement des fans sur sa page” lorsque les publications touchent à l’image de la ville, et surtout tout le potentiel de cette thématique.

“À Dijon, il y a un gros potentiel qui n’est pas forcément utilisé”

“C’est en plein dans ce qu’attendent les Dijonnais, il n’y a pas de marque fédératrice à Dijon comme il peut y en avoir dans d’autres villes”, déplore l’administrateur, qui a fait déposer la marque et le logo de sa page. “Bien que l’historique de la page soit différent”, il voit dans l’outil de communication qu’il a créé une potentielle opportunité commerciale.

Le chauvinisme est-il alors un bon filon ? “C’est plutôt s’identifier à une région”, corrige Christophe Ribot. D’autant que “J’aime Dijon” intéresse. La ville de Dijon en premier lieu, en pourparler pour racheter les droits sur la page. Son créateur affirme toutefois veiller à ce que ce formidable outil de sondage ne devienne pas celui d’un parti, mais bien de la municipalité toute entière. “C’est une page qui tient à cœur de ses fans”.

Cette tendance du retour au made in local, de l’attachement identitaire au territoire, la collectivité commence à le réaliser. À l’image d’autres villes françaises, une marque territoriale est en cours de développement à Dijon. Christophe Ribot en est persuadé, il faut un logo, une marque fédératrice pour rattacher les habitants à la ville. “À Dijon, il y a un gros potentiel qui n’est pas forcément utilisé. Dans d’autres villes, ça peut se faire à travers une équipe de foot, un drapeau. Tout le monde a cet attachement à Dijon. S’il n’y a que la chouette ou le ban bourguignon, d’un autre âge, selon comme c’est amené, ça suscite la honte chez les Dijonnais “.

Et ça, les nouveaux communicants l’ont bien compris. Des agences de communication comme “We love Bourgogne” voient le jour, Christophe Ribot développe la commercialisation de mugs aux couleurs de sa page, mais ce n’est pas tout…

“Dijonnais”, pour le chauvin distingué

Il y a quelques jours, un autre jeune entrepreneur dijonnais a beaucoup fait parler de lui en annonçant à son tour le lancement de sa marque de prêt-à-porter “Dijonnais”. Pour l’heure seul un logo, sobre, imprimé sur un t-shirt bleu foncé, a été dévoilé. Et devinez ce qui lui a donné l’idée de se lancer dans l’aventure ? Eh oui, Jean-Pierre Foucault lui-même.

“À la suite de ce qu’il s’est passé avec Jean-Pierre Foucault, j’ai repéré que les Dijonnais étaient très chauvins. L’idée m’est donc venue il y a deux ou trois semaines de créer la marque Dijonnais “, nous a-t-il confié. Car lui en est certain, ” le chauvinisme peut se travailler autour d’une marque, pour les Dijonnais et par la Dijonnais”.

Alors pour étayer son concept et sa stratégie marketing, le créateur a décidé de faire travailler des sous-traitants exclusivement locaux. Ses produits, d’abord des T-shirts, puis des coques pour smartphone ou des casquettes seront vendus à travers une boutique en ligne dévoilée prochainement, et dans quelques points de vente sélectionnés de la ville.

“Montrer que Dijon ce n’est pas n’importe quoi”

Car le jeune créateur l’a bien compris, on ne rigole pas avec le chauvinisme. Ses T-shirts, il les imagine “comme des produits de mode à porter au premier degré”. À l’opposé d’un produit touristique de basse qualité un peu beauf’, il a misé sur la simplicité et la qualité – un t-shirt sera commercialisé entre 30 et 35 € – et a tenu à “se détacher des clichés et stéréotypes pas représentatifs du tout de la ville”.

À quelques jours de la commercialisation, le créateur nous a avoué avoir été “débordé par le buzz et l’engouement”. Mais cette promesse de succès ne fait que le conforter dans son objectif : “Je veux montrer que les gens sont attachés à la ville, quelque soit leur hauteur sur l’échelle sociale, et montrer à travers mes produits que Dijon ce n’est pas n’importe quoi, qu’il y a des personnalités, que la ville mérite la même notoriété que des villes comme Paris ou Lyon”.

Un chauvinisme “moderne” pour relancer l’économie et les initiatives locales ? On n’aurait jamais pensé. Grâce à Jean-Pierre Foucault ? Encore moins…

Les commentaires sont clos.

  1. Oui les dijonnais sont très chauvin, je suis pas dijonnaise et demeure ici depuis 40 ans, j’aimerai retourner d’où je viens, c’est un fait.
    Mais ce que je trouve intolérable, en plus IMPARDONNABLE est de critiquer de la sorte une ville quelle qu’elle soit…
    J’aurai voulu que cet ODIEUX PERSONNAGE ne mette pas les pieds sur notre terre, j’ai le sentiment qu’il l’a pollué, rien que d’entendre son nom me donne des nausées, Je soutiens tous les dijonnais qui ont défendu notre cité, et ça me fait un bien énorme de lire qu’ils sont aussi nombreux. merci à tous

    fantoli monique le lundi 20 janvier 2014 à 9h47

  2. Je suis curieuse: “d’abord des T-shirts, puis des coques pour smartphone ou des casquettes”, des produits 100% du cru? Pas une base “made in china” ou autre avec juste une transformation dans le coin?

    -Lia-

    Lia Cebo le lundi 20 janvier 2014 à 13h52

  3. J’aime bien cet article, qui redonne de l’espoir!

    CamilleG le lundi 20 janvier 2014 à 18h16

  4. d’ailleurs une vidéo sympa y répondait bien 😉

    DIJONFOREVER le mardi 21 janvier 2014 à 16h49

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