Dernière ligne droite pour les Climats de Bourgogne

Photo Jonas Jacquel

Photo Jonas Jacquel

Cette fois-ci, c’est pour de bon. Le dossier des climats du vignoble de Bourgogne est officiellement présenté par la France à l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco. Prochaine grande étape, la venue d’un comité d’expert en octobre 2014. Ils remettront un rapport décisif avant la session de l’Unesco en juillet 2015.

Une session qui ne devrait être qu’une quasi-formalité si l’avis des experts est favorable. “Le plus dur est fait. Enfin j’espère”, souffle Aubert de Villaine. Le président de l’association qui porte la candidature est sûr des chances de ce “dossier remarquable, scientifiquement reconnu et original”. Il insiste : “C’est la première fois qu’un plan de gestion aussi complet est présenté. De plus, l’Unesco cherche à reconnaître des sites vivants, et plus seulement des monuments”.

Bourgogne et Champagne présentés côte-à-côte

L’annonce a été faite, le 9 janvier par la ministre de la Culture, Aurélie Fillipetti. Elle l’avait promis à François Rebsamen, le maire de Dijon, qui avait assuré le dépôt du dossier lors du dernier conseil municipal de 2013. “Le Bourgogne est un site culturel unique, façonné par l’homme depuis deux mille ans et dont le modèle de viticulture du terroir rayonne aujourd’hui dans le monde entier”, écrit la ministre dans un communiqué.

La France a le droit, comme tous les pays, de déposer chaque année deux dossiers en vue d’une inscription au patrimoine mondial. En 2015, les seront présentés avec les “coteaux, maisons et caves de Champagne”. “Il n’y a pas de concurrence entre ces deux dossiers, très différents”, assure Aubert de Villaine. “Leur seul point commun, c’est le vin”.

Photo Jonas Jacquel

Photo Jonas Jacquel

Il est temps de faire campagne

“C’est le début d’une campagne pour convaincre les autres pays”, poursuit-il. En octobre 2014, un groupe d’experts de nationalité étrangère va venir “examiner le dossier scientifique et constater la mobilisation des acteurs de terrain”. Un rapport crucial, puisque l’avis que ce groupe va rendre sera suivi presque à coup sûr par le jury de l’Unesco.

Ce dernier est constitué de 20 membres tournants, représentants des pays de tous les continents. “Notre modèle agroculturel d’excellence ne manquera pas de toucher des pays à l’économie vivrière”, veut croire Aubert de Villaine. En Chine, par exemple, la culture du thé présente de larges parallèles avec celle de la vigne.

Malgré tout, le chemin est encore long avant l’inscription officielle. Un chemin jalonné d’étapes importantes pour le dossier des climats, comme la prochaine Saint-Vincent Tournante (le 25 et 26 janvier à Saint-Aubin), les journées du patrimoine, etc. “Le projet avait été lancé en 2006, après la vente des vins de Beaune”, se rappelle Aubert de Villaine. Déjà bien des étapes ont été franchies depuis…

Un savoir-faire ancestral unique au monde, symbole d’un modèle d’harmonie entre l’homme et son environnement – François Patriat, président du conseil régional

L’inscription des climats de Bourgogne au patrimoine mondial de l’Unesco est désormais à portée de main. François Rebsamen se réjouit “de cette décision du gouvernement qui marque la juste reconnaissance d’un impressionnant travail collectif, qui dessine le visage d’une Bourgogne unie, au service de l’excellence d’une viticulture de terroir(s) qui, façonnée par l’homme, parcellisée à l’extrême dès le Moyen-âge, est devenue un modèle international.”

Même satisfaction du côté de François Patriat, président du conseil régional de Bourgogne, qui veut pourtant rester prudent sur la suite des événements. “C’est une étape importante que nous franchissons aujourd’hui, mais le chemin est encore long vers une inscription définitive. Nous devons tous rester mobilisés pour obtenir ce classement et la reconnaissance d’un savoir-faire ancestral unique au monde, symbole d’un modèle d’harmonie entre l’homme et son environnement.”

Tous les indicateurs sont au vert pour que les climats de Bourgogne fassent un tabac lors de la 39e session du patrimoine mondial de l’Unesco qui se tiendra à Berlin à l’été 2015. C’est ce que souhaite François Rebsamen : “que les Climats n’appartiennent pas qu’aux Bourguignons ou aux amateurs de bourgogne, mais à l’Humanité tout entière.”

Les commentaires sont clos.

  1. bof bof ! traitements insecticides fongicides, herbicides, océan de vignes, disparition des haies, des vergers, vignes montant de plus en plus haut sur les flancs de côte et attaquant même les plateaux…. Effondrement de la biodiversité, et une odeur permanente de sulfate quand on se ballade sur les petites routes (odeur que les locaux ne perçoivent plus, j’en suis sûr)…. Le bilan n’est pas encourageant. Quant va-t-on inciter les gens à consommer moins d’alcool, vin y compris, plutôt que se faire des plans sur la comète avec ces “climats” ?

    soleil vert le vendredi 17 janvier 2014 à 19h07

  2. Non à l’éthylisation de la notion de culture!
    D’autre part, comme le note bien Soleil Vert,
    les pratiques sont loin d’être éco-responsables…
    Celà sans compter le péril de l’église des “culs-bleus” dijonnais.

    Dijon Autrement le jeudi 23 janvier 2014 à 13h58