Quand la République fête ses rois…

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Si la préfecture ne présente pas de vœux publics, elle honore ses collaborateurs en interne. Et l’administration a trouvé, depuis quelques années, une bonne occasion pour le faire : l’épiphanie. Compte tenu de la période de réserve préélectorale, est absent de l’ensemble des cérémonies. Alors il a savouré cette petite sortie, dans ses salons, mercredi 8 janvier 2014.

Cote de popularité : Entre collègues ou entre amis ?

Depuis la cour de la préfecture, on aperçoit déjà les scintillements du majestueux sapin, finement décoré dans le hall d’entrée. En regardant au pied, rien n’y attend. Les cadeaux que le préfet doit espérer pour cette année sont sans doute plus immatériels. Une odeur de frangipane enveloppe les différents salons. Sur la table, la galette fait un bon quatre-vingts centimètres de diamètre. Elle brille aux côtés des bulles servies dans les flutes.

Toque sur la tête, une vingtaine d’apprentis élèves boulangers et pâtissiers du CFA La Noue, accompagnés de leurs professeurs. Une petite fille de 19 mois se promène de bras en bras, sans broncher. Le parquet grince et craque sous les pas pourtant légers. Un des invités sort son iPhone et s’approche discrètement du chapeau d’une membre de la Confrérie des Talmeliers du bon pain. Les plumes égayent la salle et il immortalise ce qui s’apparente à une œuvre d’art. “Elles représentent les flammes du four qui crépite”, souligne le président de la Confrérie.

Parmi la trentaine de convives, on reconnaît Sébastien Humbert, le directeur de cabinet du préfet ou encore Bruno Liégeon, président de l’Union départementale des Artisans Boulangers-Pâtissiers. Mais l’attention de Pascal Mailhos a plutôt été accaparée par les apprentis. Un à un, le préfet les a interrogés : Lieu d’habitation, formation, ambition. Tout y passe et manifestement, des deux côtés, les sourires trahissent une certaine fierté pour les uns et une soif d’en savoir plus pour l’autre.

Degré de politisation : Nul ou presque

À la diète médiatiquement à l’approche des élections municipales, Pascal Mailhos a saisi l’occasion pour rappeler que ce partage annuel de la galette est pour lui un “moment de fraternité et de solidarité”. “Un peu avant Noël, j’ai souhaité m’engager dans une démarche pour plus de solidarité avec le développement d’une campagne contre le gaspillage dans les collectivités comme chez les particuliers et pour favoriser le don alimentaire de la part de l’industrie agroalimentaire”.

Pascal Mailhos, préfet de Côte-d'Or | Photo Jérémie Lorand

Pascal Mailhos, préfet de Côte-d’Or | Photo Jérémie Lorand

La Côte-d’Or compte 270 boulangeries-pâtisseries qui emploient près de mille salariés. “Vous accueillez en moyenne 340 clients par jour c’est dire si votre rôle est important”, souligne Pascal Mailhos. “Vous dégagez un chiffre d’affaires de onze milliards d’euros au niveau national. C’est donc un métier qu’il faut valoriser d’autant qu’il permet de s’installer à son compte dès 22 ou 23 ans”.

Avant de faire une apologie du made in France… Oui là aussi ! “La galette amène aussi une reconnaissance internationale qu’il est difficile de ne pas citer lorsque nous sommes à Dijon, une des cités de la gastronomie française”.

Qualité du buffet : De la galette et… de la galette

Plus de deux kilos de pâte feuilletée concentrée dans un cercle de près de 80 centimètres. Le maximum qu’un four peut autoriser. Le préfet appelle les filles de la promotion du CFA LA Noue. Couteau à la main, elles ont la lourde tache de tailler les parts. Et aucun risque de tomber sur la fève. Et pour cause, les concepteurs n’en ont pas mis. Ça ferait désordre de designer un monarque dans la maison de la République !

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