Les 26 000 remettent le couvert avec “Jacques et Mylène”

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Si vous êtes Dijonnais ou Bourguignon, vous les connaissez forcément, et si ce n’est pas encore le cas, vous devriez vous jeter sur un dictionnaire, à la lettre “26 000”, histoire de regagner vos points de culture. Depuis 1995, la fait des émules dans toute la France et rentre de temps en temps au bercail pour faire pouffer – ou hurler – de rire ses concitoyens.

A l’unanimité, on aime cette troupe qui vraiment, vraiment, a du mal à se prendre au sérieux. On a rencontré Jacques et Mylène au TDB peu avant la première.

Mais qui sont Jacques et Mylène ?

Difficile de percer le secret de la pièce tant les acteurs sont secrets sur ce duo, écrit par Gabor Rassov – sorte d’auteur punk provoc’ des années 80 – à la manière du très populaire et conventionnel théâtre de boulevard. Rien ne filtre pour pouvoir réserver au public un gâteau surprise bourré de pétards.

La pièce. D’abord pensée pour sept acteurs (lors de sa création en 1999), Philippe Nicolle et sa partenaire Ingrid Strelkoff ont décidé de la jouer à deux (et quelques poupées). Il est Jacques, elle est Mylène et ça donne à peu près ça, quand on entre dans leur tête :

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Le tout est mis en scène par Benoît Lambert, directeur du Théâtre Dijon Bourgogne. Qui a, dit-on, apporté une vraie valeur ajoutée philosophique et conceptuelle. Mais qui possède aussi le goût du détail : “”Il s’y connaissait vachement plus en ‘Barbie’ que nous”.

” C’est Philippe et Ingrid en train de faire n’importe quoi sur un plateau”

A ceux qui n’avaient pas envie de passer la soirée devant une de ces vaudevilles archi-essouflé de théâtre de boulevard, Philippe Nicolle adresse un message rassurant : “Aujourd’hui, ce genre de théâtre est dépassé, fini et cette pièce vient l’enterrer”.

La version contemporaine est bien plus marrante, mais pour savoir pourquoi, il faut y aller. “Il se passe quelque chose dans la salle qu’on ne retrouvera jamais sur écran et j’appelle ça le ‘trésor de guerre du théâtre’. C’est humain. Il y a, à 10 mètres de toi, un bonhomme qui prend un risque.”

Si les 26000 couverts sont un des grands porte-étendard du spectacle vivant et du théâtre de rue (leur tout premier spectacle a fait fureur à Chalon dans la Rue et au festival d’Aurillac), c’est qu’ils en défendent la valeur première : les libertés.

“On est tous en manque de rapport humain”

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“La rue, c’est l’espace public. Or, de plus en plus d’interdits brident les gens dans l’espace public, au nom de la sécurité, de la tranquillité. Nous sommes là pour questionner à nouveau le vivre ensemble “, explique le directeur de la compagnie. “On allume des petits feux autour desquels on peut se réfugier.”

“On est tous en manque de rapport humain. Les gens ne savent plus faire la fête, il plane dans l’air beaucoup de cynisme, de violence.” Les 26 000, eux, sont là pour “rassembler”. Comme un projet politique de vie en commun.

“Un spectacle, c’est une soirée passée ensemble. Ce n’est pas innocent, ce n’est pas secondaire”, appuie Philippe Nicolle. “Cette instantanéité, ce moment éphémère ne laisse pas de trace mais une empreinte dans le sable. Ça te remets à ton niveau. ” Donc pas de vidéo sur internet, pas d’archives, pas de best-of.

Tout est là sous vos yeux, et seulement ici.

Infos pratiques : Jacques et Mylène, salle Jacques Fornier (3à rue d’Ahuy, Dijon) du 7 au 18 janvier 2014. Plus d’informations ici

Les commentaires sont clos.

  1. Merci à Miroir Mag pour l’occasion offerte de découvrir cette pièce, merci à ces acteurs excellents, au metteur en scène et aux équipes. Merci pour le partage, ces instants étaient gonflés d’énergie, de rires, de loufoquerie, pas un moment sans faiblesse, ça swingue dans tous les sens. Ca fait du bien.

    Mapiki le samedi 11 janvier 2014 à 0h06

  2. Je voulais bien sûr dire, “pas un moment faible”, oups :)

    Mapiki le samedi 11 janvier 2014 à 0h07

  3. C’est excellent !!!!!!!!!

    Julien le lundi 13 janvier 2014 à 11h00

  4. Jubilatoire, je confirme : allez-y !

    Anne le mercredi 15 janvier 2014 à 12h36