Dijon, sa moutarde, sa chouette et son centre-ville 2.0

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Il est 14h30 rue Jean-Jacques Rousseau. Elodie Parent déverrouille la porte de sa boutique, La Niche gourmande. “Vous venez récupérer un colis ?”, demande-t-elle. Le dépôt-vente de colissimo est un des moyens qu’elle a choisi pour faire connaitre un peu plus sa boutique, fraichement rouverte. Mais depuis quelque temps, des clients un peu particuliers viennent faire leur achat.

“Ces derniers jours, deux m’ont annoncé être venus de cette façon”. Mais de quoi s’agit-il ? D’internet bien sur. Oui, vous y allez sans doute régulièrement, pour réserver une table dans un restaurant ou pour faire des repérages avant les soldes. Mais saviez-vous qu’il était aussi possible de visiter l’ensemble des enseignes du centre-ville, boutique et restaurant, de façon virtuelle ?

Grâce à un partenariat entre la fédération des commerçants du centre-ville, Shop’in Dijon et le leader français de la recherche locale par la carte, Mappy, Dijon devient un laboratoire à clic ouvert. Mille magasins et restaurants vont bientôt bénéficier d’une visite en photo, à 360°.

Un des premières villes virtuelles de France

Nous sommes en novembre 2013. Une équipe de cinq photographes investit le centre-ville de Dijon. “Il ne faut pas plus de quatre minutes”, se souvient Elodie Parent. “La jeune photographe a posé son trépied en plein cœur du magasin pour réaliser les clichés. Nous sommes sortis du magasin le temps de la prise de vue et deux semaines plus tard, l’ensemble était en ligne”. 600 magasins et restaurants ont dans un premier temps été couverts par l’équipe. 400 autres doivent suivre durant le premier trimestre 2014.

“C’est un cadeau”, souligne Marine Riondet, de Shop’in Dijon. “Chaque virtualisation de boutique coute initialement 250 euros, mais nous avons conclu un partenariat avec l’entreprise française qui souhaite faire de Dijon une vitrine”. “Après Saint-Germain-en-Laye et Bordeaux en 2012, Paris et la Région Parisienne en 2013, c’est à donc à Dijon que Mappy continue sa démarche de numérisation des commerces”, explique la société. “Mappy propose à ses visiteurs, de se balader dans les rues de 320 villes en France, et depuis mars 2013, de pousser la porte de près de 15 000 commerces pour découvrir leur vitrine digitale”.

“Je n’aurai pas pu m’offrir une telle visibilité”, reconnaît la gérante de La Niche gourmande. D’autant que d’après une enquête BVA, seulement 40% des commerçants perçoivent le e-commerce comme une véritable menace pour eux. “Cette opération a aussi permis de venir à bout de quelques préjugés. Non, nous ne sommes pas une boulangerie ni un restaurant”. En sous-jacent, on devine un pied de nez à la modernité offerte par le centre commercial Toison d’Or. Depuis l’ouverture de l’extension, le wifi est gratuit dans l’ensemble du centre et une application mobile permet de se géolocaliser pour trouver les magasins !

Une vitrine sur le web

Alors pour maximiser ses chances, la fédération a visé large. Pas question de ne cibler que les adhérents d’une des associations partenaires de Shop’in Dijon. “Ne pas couvrir toutes les boutiques aurait été un non-sens, un manque de cohérence”, explique Marine Riondet. Du petit local jusqu’aux cinq étages des Galeries Lafayette, nécessitant de fait beaucoup plus de travail. “Ceci permet aussi de montrer aux commerçants non adhérents ce que nous pouvons faire et donner une belle image de la ville à l’extérieur”.

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À l’extérieur oui, mais pour les Dijonnais qu’en est-il ? Jour de marché, il suffisait d’aller sous les halles pour prendre la température. Et le moins que l’on puisse dire c’est que l’initiative passe pour le moins inaperçue. A 68 ans, Odette n’utilise tout simplement pas l’ordinateur, mais ne voit pas d’un mauvais œil cette démarche : “Ca fait moderne”, lâche-t-elle avant de préciser ne rien comprendre à ces choses-là.

Pour Alain, tout jeune papa de 26 ans et sa compagne, la fédération a tout simplement fait une erreur en choisissant ce service: “Sur mon téléphone, sur notre tablette, nous avons l’application Google maps. Je ne connais pas beaucoup de personnes qui utilisent ce site, je suis donc sceptique sur l’impact”. Pas de quoi affoler la fédération qui préfère patienter avant de communiquer.

“A la fin, nous aurons un super impact”

“Le centre-ville n’est pas encore totalement accessible d’un point de vue numérique”, détaille Marine Riondet. “Des magasins vont être visités dans les prochains jours, d’autres ont demandé une nouvelle visite, car ils ont changé de décoration par exemple. À la fin, nous aurons un super impact”.

D’autant que certains commerçants pourront réutiliser, à leur guise, le travail réalisé par les équipes de Mappy. Les vues à 360° seront couplées aux informations pratiques des boutiques et bientôt répertoriées sur le site de Shop’in Dijon. Mais les vues ne montrera pas tout : “Pas d’arrière-boutiques ni des systèmes de sécurité”, confie Élodie Parent. “Par mesure de sécurité”, justifie Marine Riondet.

Mais la volonté reste la même pour la fédération : prouver que le tissu commercial du centre est très dense et propose une offre tout aussi importante que les pôles concurrents…

Les commentaires sont clos.

  1. A quand la fibre optique pour enfin profiter d’Internet à grande vitesse ? Orange ne peut-il communiquer sur son programme d’implantation ?

    jlroy le vendredi 10 janvier 2014 à 11h32