Erscia : l’arbre qui cache la forêt

Le bois de Tronçay, transformé en Zone à Défendre (ZAD) du Morvan

Le bois de Tronçay, transformé en Zone à Défendre (ZAD) du Morvan

Un véritable bras de fer environnemental s’est engagé à Sardy-lès-Epiry depuis le mois de juin 2012 pour savoir qui exploitera la ressource forestière en Bourgogne, 5 ème région la plus boisée de France. Face à face, s’affrontent un Goliath belge – le groupe IBV pèse 100 millions d’euros de chiffre d’affaire par an – et un David bourguignon – l’association Adret – sur ce nouveau ring médiatico-politique.

La force du premier, un des plus gros groupe forestier européen, c’est son réseau au sein des décideurs locaux. Son va-tout, , est l’actuel président du Medef Bourgogne. Ancien président de Fibre active Nièvre, formé à l’Ecole du bois de Mouchard, il s’est transformé en champion de la cause du bois puis directeur du super projet de pôle industriel de sciage.

Le second possède de petits moyens, mais il est capable de viser juste et fort. Récemment, il pourrait bien avoir lancé une pierre sur un point sensible du projet . Il s’agit d’une pétition lourde de 70 000 signatures transmise à la Cour de justice européenne. Il a d’ores et déjà bloqué les rouages de la machine ; le tribunal administratif devant revoir l’arrêté autorisant l’entreprise de 110 hectares à s’implanter et si besoin l’annuler.

L’affaire prise dans son contexte plus large est régulièrement comparée à la lutte de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes. Le journaliste spécialiste des questions d’Environnement à Charlie Hebdo, Fabrice Nicolino, s’est emparé du sujet le qualifiant d’emblée de “putain d’affaire”. Parce que l’on s’attaque à un endroit préservé, mais aussi parce que des soupçons de conflits d’intérêts sous-tendent le dossier de scierie industrielle, enfin parce que le concept de cogénération associé au projet pour paraître plus vert, il y croit peu, le qualifiant de “tarte à la crème [faisant] désormais partie de tous les projets dégueulasses.”

En effet, la question de la ressource boisée s’avère de plus en plus cruciale dans un contexte où l’économie accorde en plus des subventions importantes aux initiatives vertes. Mais volonté écologiste ou greenwashing (écoblanchiement), les arguments fusent pour justifier des deux côtés une lutte que le tribunal administratif  devra  trancher. Affaire à suivre …

Les commentaires sont clos.

  1. Bravo pour ce n°1.
    Facile a trouver combien d’hectares sont coupés chaque année dans le Morvan ?
    Beaucoup plus difficile a trouver, combien d’hectares sont replantés ?
    Erscia projet qui nous dit-on va créer des emplois, O.K. qui va nous dire combien il va en détruire ?

    Bussy Jean le mardi 28 mai 2013 à 22h35

  2. Bonjour, deux remarques par rapport à votre article :

    1 – La pétition d’Adret Morvan et les 70000 signatures qui en résulteraient est clairement contestée : http://bit.ly/17ZTsHf . J’ajoute que cette pétition n’a pas été transmise à la Cour Européenne de Justice. Il s’agit d’une autre pétition qui a recueilli 2000 signatures et qui a été transmise à la commission des pétitions du Parlement Européen … ce qui n’est pas la même chose !

    2 – La démarche d’Adret Morvan auprès du Parlement Européen est une pure opération de communication qui n’aura aucune suite négative sur le projet, ni judiciaire ni même sur l’agenda des travaux : http://bit.ly/162l8dK .

    Cordialement

    Kavil le mercredi 29 mai 2013 à 8h48