Je suis fou… du chocolat de Bourgogne !

Photo Jonas Jacquel

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Sous ses moustaches fines et frétillantes, il avait prononcé avec brutalité cette illustre phrase “Je suis fou du chocolat Lanvin”, l’artiste icône Salvador Dali aimait alors un chocolat fabriqué… à Dijon.

Aujourd’hui l’esprit de petite entreprise reprend ses droits sous le nom . Finie l’ère de l’identité industrielle consacrée au moment du rachat par le groupe Rowntree-Makintosh, puis Nestlé avant de tomber entre les mains peu délicates de Barry-Callebaut, leader mondial de la production de chocolat.

“La fin d’un cauchemar”, de l’aveu des salariés.

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De Lanvin à l’an II

Ils écoutent avec attention le discours d’inauguration de la boutique d’usine de la Chocolaterie de Bourgogne. Les salariés ont connu tous les repreneurs, ils ont même connu l’usine Lanvin, celle qui, d’abord installée rue Chabot-Charny dans les années 1920, avait rejoint ensuite le Boulevard Carnot au plus fort de son succès.

Brigitte, 32 ans de présence infaillible auprès de la fabrique moult fois changée de direction depuis les années 1980, a retrouvé le sourire et l’aplomb après quelques années sombres. “On a à nouveau envie de travailler ici, de savoir qu’on va produire plein de variétés de chocolats. On est fiers quand c’est des bonnes choses.” Une petite révolution.

En 2007, en effet, le suisse Barry-Callebaut, propriétaire de l’usine de Dijon changeait de stratégie et vendait l’entreprise, faisant soudainement volte-face après avoir promis une hausse de la production (des tonnages). Une période noire de plusieurs années s’ouvrait, débouchant sur un plan social pour 120 salariés et une morose ambiance.

Fin 2012, c’est un spécialiste du chocolat, ex de chez Van Houten, qui reprend l’affaire. 2013, c’est l’an I pour ce site qui se donne jusqu’à fin 2014 pour faire ses preuves.

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Flakes, drops & chocolate

“Cette PME indépendante, comme on voudrait en voir beaucoup plus en France”, selon les mots encourageants d’un maire de Dijon enjoué, a établi une nouvelle stratégie qui consiste à diversifier sa production, notamment dans du haut-de-gamme – alors que jusque-là elle était monoproduit.

Son nouveau chef de projet recherche & développement, Jean-Paul Fleurant, souhaite “couvrir toutes les attentes du consommateur jusqu’au sommet de la qualité”. Il compte à la fois sur une production industrielle (tablettes de chocolat, barres céréalières (flakes)), traditionnelle (comme celle des escargots en chocolat inventés par l’ancêtre, Auguste Lanvin).

Sans négliger l’originalité avec les ‘drops’ (gouttes plates de chocolat) et autres perles de couleur (‘produits turbinés’). “Les plus grosses ventes en boutique? Sans aucun doute les escargots!”, analyse une stagiaire impressionnée par l’engouement des Dijonnais pour le magasin flambant neuf. “Certains clients reviennent plusieurs fois, commandent pour des amis, en envoient à l’étranger!”

Fierté (aphrodisiaque) de Bourgogne

C’est sûr, la qualité estampillée ‘locale’ aujourd’hui, ça ne plaît pas qu’aux salariés et aux politiques – assez heureux de placer les vertus aphrodisiaques du chocolat au cours du discours d’inauguration. Combinez-le à un magasin d’usine sur le modèle de la Biscuiterie du Mistral (Semur-en-Auxois) et vous obtenez un magasin qui marche du feu de Dieu.

Pourtant le but premier du patron, Philippe De Jarcy, n’est pas d’y faire un chiffre fulgurant. Non, c’est de “donner corps” à la nouvelle image des Chocolateries de Bourgogne. “Une carte de visite, une mise en scène des produits traditionnels et qualitatifs du Made in Burgundy, un show-room, la façade pour une entreprise en convalescence”, voilà ce qu’est aussi la boutique accolée à l’usine.

L’emploi de l’anglais n’est pas anodin. Car les principaux clients de l’entreprise – 89% de la production se destine à l’export – se situent outre-Rhin en Allemagne, mais aussi du côté de la Russie, de la Grande-Bretagne, de l’Italie. En revanche, pour la première fois depuis longtemps, le patron est à portée de main, “à l’écoute et disponible”, selon les salariés, une bonne nouvelle qui remotive – d’autant que ces derniers sont intéressés sur les bénéfices de l’entreprise.

Sont-ils fous ces repreneurs ? Fous, oui, de chocolats Lanvin.

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Les commentaires sont clos.

  1. Donner l’adresse du lieu pourrait être intéressant.

    Anne le samedi 21 décembre 2013 à 16h21

  2. Rue de cluj
    Zae cap nord
    21000 dijon

    Rey le samedi 21 décembre 2013 à 21h47

  3. Et le horaires d’ouverture SVP

    laurent le lundi 23 décembre 2013 à 13h47

  4. Ancienne salariée Rowntree et Nestlé
    Ancien ingénieur thermicien d’études ayant œuvré sur le site
    Nous avons connus et vécu la grandeur et la vitalité du site de DIJON
    C’était donc avec tristesse et colère que nous avions assistés à l’affligeante délocalisation du labo créatif et la décadence de l’usine
    C’est donc maintenant avec joie que nous apprenons sa logique résurrection et que modestement nous lui souhaitons bonne chance

    Cayron le lundi 23 décembre 2013 à 20h44

  5. Bonjour
    Pourriez vous me dire si vous avez un magasin de vente aux particulier et si oui m indiquet les heures d ouverture
    Merci
    Marie josr

    Marie Jose Baudrier le mercredi 17 septembre 2014 à 20h40

  6. Marion Chevassus

    Bonjour, tout est là.
    http://www.chocolateriedebourgogne.fr/nos-activites/la-boutique

    Marion Chevassus le jeudi 18 septembre 2014 à 9h51