La Semaad et la Splaad voient (presque) vert

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En présentant les rapports d’activité annuels de la Société d’économie mixte et de société publique locale d’aménagement du Grand Dijon (Semaad), le maire de la ville, , pensait sans doute réaliser un bon coup : faire taire l’opposition avec des comptes positifs et un calendrier plein.

Mais c’était sans compter sur l’opposition en la personne de , qui dénonce là une manœuvre à quelques mois des élections municipales et demande surtout des comptes quant au fonctionnement des deux entités.

Des bénéfices bienvenus

a le sourire. Le conseiller municipal de la majorité et président des conseils d’administration des deux sociétés glisse un papier aux journalistes présents à la session : les chiffres clés, selon lui, du bilan des deux structures qu’il préside : Avant impôt, le résultat de la Semaad s’élève à 725 000 euros contre un déficit de 224 000 euros en 2011 et celui de la s’élève à 882 700 euros contre -191 500 en 2011.

Sorte de boite à outils, les deux entreprises préparent les projets d’urbanisme ou le développement de zones d’activités économiques sur le Grand Dijon. Pour y parvenir, elles doivent engager des frais afin de chercher les terrains, réaliser les études, les acquérir, les viabiliser, préparer la voirie et les vendre, pour le compte des communes ou de l’agglomération.

Pour Franck Ayache, membre de l’opposition, il ne faut pas chercher très loin dans ces chiffres positifs : “Pour obtenir ces résultats positifs, tous les moyens semblent être bons même une modification de l’exercice social passé de 12 à 18 mois”. Et il détaille sa pensée : “Dans le cadre de la Splaad, ces quelques mois supplémentaires ont permis d’augmenter par six les capitaux propres, d’obtenir une avance sur projet de 50%, un prêt de la collectivité de deux millions d’euros”.

Faux rétorque la majorité : “Même ramené sur 12 mois, l’excédent du résultat net est l’un des plus importants enregistrés par la Semaad sur ces 15 dernières années […] Et pour la Splaad, le résultat net excédentaire est de 588 000 euros si l’on proratise sur douze mois”.

Là aussi, l’opposition conteste : “Nous savons tous que le résultat au 31 décembre 2012 aurait été négatif de près de 590 000 euros. Il ne faut pas proratiser des résultats, mais lire le résultat obtenu à cette date-là”.

L’austérité à la Semaad

Cependant, l’opposition note les efforts effectués par la Semaad : “Division par quinze des frais de mission et de réception, diminution par deux des frais de voyages et déplacements, division par trois des frais postaux et de téléphone”. Il faut dire qu’en 2012, l’ardoise laissée par son ancien directeur, , avait laissé la Chambre régionale des comptes de Bourgogne un peu pantoise. Au point que François Rebsamen avait déclaré que son nouveau directeur, , faisait un régime. Réglant ainsi le problème des notes de restauration anormalement élevée.

En préambule du conseil municipal, l’opposition demandera même que des sanctions soient prises envers l’ancien directeur, qui est aujourd’hui au cabinet de la ministre du Logement, Cécile Duflot. François Rebsamen le défend et salue son travail et son implication dans la création de la Splaad justement, la grande sœur. “Nous n’avons eu que des bons directeurs et maintenant nous en avons des excellents”.

Très rapidement rejoint par Pierre Pribetich, qui ajoute : “Thierry Coursin a mené à bien une adaptation du dispositif pour que chaque outil puisse trouver une marge de manœuvre au service de l’intérêt général, de l’intérêt public”, détaille celui qui est président du conseil d’administration de la société depuis treize ans.

Une boite à outils qui nécessite de la trésorerie

Du côté de la Splaad, la situation est semble-t-il plus difficile. Car si la Semaad affiche un carnet de commandes et de projets bien garni, sa petite sœur, a encore du mal à se faire une place, malgré ses 22 contrats en cours. Elle n’a ainsi réalisé qu’une vente, dans le quartier de la Fontaine d’Ouche pour 250 000 euros, durant les 18 mois de l’exercice. Mais d’autres sont en attente comme l’écoquartier Jardin des maraîchers et surtout la zone Arsenal, le futur quartier Grand Sud de la ville de Dijon.

“Une seule vente, c’est bien faible”, renchérit Franck Ayache. “Surtout quand celle-ci ne se fait pas en direction de l’activité économique”. Avant de pointer ce qu’il appelle le scandale Teletech, du nom de l’entreprise qui s’est installé sur la friche industrielle anciennement occupée par Amora-Maille. “Vous venez de résilier le crédit-bail assumé en lieu et place d’une banque et avec cette résiliation, c’est sans doute votre promesse de 600 emplois qui va s’évanouir”.

Aucun commentaire du côté de la mairie. François Rebsamen se contente de préciser qu’une centaine d’emplois sont à la clé et ne s’attarde donc pas à plus de commentaires. Tout juste espère-t-il que “la Splaad et l’entreprise trouvent les voies et les moyens pour mieux gérer le bâtiment et continuer leur activité et la développer”. Parmi les pistes évoquées, la constitution d’un quartier numérique par exemple.

Les commentaires sont clos.

  1. Et à part parler argent, quel est le bilan environnemental de la SEMAAD / EPLAAD ? En a t il été question ? Dans “rapport d’activités”, qu’est-ce qu’il y a sur la qualité environnementale des bâtiments, des possibilités de transport (voitures / vélos), de la destruction passée ou à venir (cas des lentillères) des terres agricoles, etc ? Quelle est la participation des citoyens dans cette “ville qui se reconstruit sur elle-même” ? Sur ce dernier point, c’est bien zéro pointé, n’est-ce pas ? Mais le reste, quelqu’un peut-il apporter des réponses ?

    dijon-ecolo le mercredi 18 décembre 2013 à 21h25

  2. DijonEcolo : vous êtes mauvaise langue… sur le site de la Semaad http://www.eplaad.com il faut aller sur la rubrique PARTICIPER et cliquer sur “Associer les citoyens” puis le texte vous explique tout l’esprit d’association et vous amène à un lien sur les “Maisons de projets”, un plan en localise 3 et dès que vous cliquez sur les symboles repérant ces maisons de projets, vous arrivez dur des liens bloqués, inexistants………………… l’esprit “associatif” Pribetich !!!

    Et il ya aussi un lien “Forum” Sauvé ! Heu, non… ils sont inactifs, datants de 2010, 2011, 2012. L’esprit d’association de la Splaad-Semaad est digne de son président.

    Phil le mercredi 18 décembre 2013 à 22h54

  3. Il faut aussi les valeur de la Spaad et de la Semaad surhttp://www.eplaad.com/index.php/PRESENTATION/Nos-valeurs
    On nous parle de management environnemental, de beau vocabulaire…

    Extrait : “Leur intervention repose sur des principes urbains, environnementaux, sociaux, économiques, fonctionnels et de gouvernance donnant une place prépondérante à l’échelle et au génie du lieu, à la cohésion intergénérationnelle et sociale, au respect de la biodiversité, à la performance énergétique et à l’encouragement aux énergies renouvelables, à l’économie du superflu et au recours prioritaire aux ressources et entreprises locales, à la qualité d’usage des espaces publics et privés et à l’association des usagers à ses projets.” De belles intentions, dont on est loin à Dijon, où la part du citoyen est minorée.

    IMPOSSIBLE DE TROUVER LES RAPPORTS D’ACTIVITES sur le site internet. Et dans les valeurs est mise en avant la transparence !!!! Il ya encore du chemin à parcourir, pourtant M Pribetich est socialiste parait-il ? Quelles sont ses valeurs ??

    Phil le mercredi 18 décembre 2013 à 23h05

  4. Faut reconnaitre les progrès tout de même : “Division par quinze des frais de mission et de réception, diminution par deux des frais de voyages et déplacements, division par trois des frais postaux et de téléphone”…
    L’ancien directeur, Thierry Lajoie, était un gros mangeur et grand voyageur (espérons grand travailleur !), et M Pribetich surveillait peu les comptes. Il s’en est expliqué.

    CitoyenDijonnais le jeudi 19 décembre 2013 à 22h18

  5. rechercher des terrains, construire encore et toujours !!! Quelle abomination ce béton qui fleurit partout !! Dijon devient tentaculaire, et je me demande si tous ces investissements seront rentabilisés (vu la mégacrise économique qui s’annonce), et je ne parle même pas des impacts négatifs sur l’environnement (lessivages, perte de biodiversité, perte de ceinture verte, de terres arables…)

    soleil vert le vendredi 20 décembre 2013 à 16h16

  6. Arf, je viens de lire les commentaires des dijonnais : et en plus Piebetrich NOUS ENFUME !!!! Ma défiance se confirme, ce type est dangereux ! Et contre tous, il s’entête à vouloir détruire le potager des Lentillères

    soleil vert le vendredi 20 décembre 2013 à 16h19