LGV Rhin-Rhône : de découvertes en découvertes… archéologiques

Photo Jonas Jacquel

Photo Jonas Jacquel

Dans le cadre du projet de la seconde phase de travaux de la branche Est de la Rhin-Rhône, Réseau ferré de France a confié à l’Institut national de recherche archéologique préventive la réalisation de trois fouilles archéologiques en Côte-d’Or.

Ces fouilles engagées à Magny-sur-Tille, à Genlis et à Collonges-les-Premières de mars à novembre 2013, les archéologues y ont mis au jour de nombreux vestiges. Ils apporteraient “nombre d’informations nouvelles sur l’occupation du secteur, du Néolithique à la période médiévale”.

Ainsi, à Genlis, la fouille a mis en évidence des nécropoles du début de l’âge du bronze (2 000 ans avant notre ère) et de la fin de l’âge du fer (100 ans avant notre ère). “Une sépulture à incinération campaniforme qui présente des caractères exceptionnels”, souligne l’Inrap dans un communiqué. “Les cendres du défunt sont accompagnées d’une pointe de flèche, d’un brassard d’archer en roche dure polie, et d’un outil de silex”. Les archéologues ont également mis au jour une nécropole gallo-romaine, organisée autour d’un petit mausolée. La découverte d’une tuilerie artisanale atteste une occupation du site au Moyen-Âge.

Pour en savoir plus, lire le communiqué de presse ci-dessous.

sur la LGV Rhin-Rhône : bilan des fouilles réalisées en 2013

Dans le cadre du projet de la ligne à grande vitesse Rhin-Rhône – Branche Est – 2e phase, Réseau Ferré de France a confié à l’Inrap la réalisation de trois fouilles archéologiques en Côte-d’Or. Ces fouilles engagées sur prescription de l’État (Drac de Bourgogne) se sont déroulées, à Magny-sur-Tille, à Genlis et à Collonges-les- Premières. De mars à novembre 2013, les archéologues y ont mis au jour des vestiges qui témoignent de la richesse du archéologique régional et apportent nombre d’informations nouvelles sur l’occupation du secteur, du Néolithique à la période médiévale.

Magny-sur-Tille : plus de 6 000 ans d’occupation humaine

Les vestiges livrés sur près de 6,5 hectares à Magny-sur-Tille montrent une implantation humaine durable sur le secteur, du Néolithique à l’époque gallo- romaine (de -6 000 à 450 de notre ère). Les archéologues de l’Inrap ont mis au jour une vingtaine de bâtiments à vocation domestique ou agro-pastorale datant de l’âge du Bronze, du second âge du Fer et de l’Antiquité. La problématique funéraire est également très présente avec des tombes à incinération (dont au moins une de l’âge du Bronze), cinq enclos et un tumulus de la période gauloise et deux enclos gallo- romains. Bien que très arasé, le tumulus de l’âge du Fer livre une quinzaine de sépultures, fait rare dans la région pour les tumulus de cette période. Le site a également livré une quantité importante de céramique, de monnaies et d’objets de la vie quotidienne en métal ou en verre, telles que des outils ou des éléments de parure.

Genlis : nouvelles données sur les pratiques funéraires régionales

À Genlis, la fouille met en évidence des nécropoles du début de l’âge du Bronze
(2 000 ans avant notre ère) et de la fin de l’âge du Fer (100 ans avant notre ère). Une sépulture à incinération « campaniforme » présente des caractères exceptionnels : les cendres du défunt sont accompagnées d’une pointe de flèche, d’un brassard d’archer en roche dure polie, et d’un outil de silex. Pour cette période, ce type de tombe et de pratique funéraire avec dotation individuelle n’était pas encore attesté en Europe occidentale. La nécropole gauloise est également la première, dans la plaine des Tilles, à livrer des sépultures. Souvent seul l’enclos est visible. Le site livre également une zone d’habitat et une série de puits allant de l’âge du Bronze à l’âge du Fer, et des fosses dépotoirs riches en mobilier. Les archéologues ont également mis au jour une nécropole gallo-romaine, organisée autour d’un petit mausolée. La découverte d’une tuilerie artisanale atteste une occupation du site au Moyen-Âge.

Collonges-les-Premières : sur les traces d’un aristocrate hydraulicien

À la période carolingienne, entre le VIIIe et le XIe siècle, un édifice aristocratique aux dimensions spectaculaires est établi. Ce bâtiment est constitué de trois ailes, inscrites dans un rectangle de 30 m sur 15 m. Deux structures quadrangulaires, peut-être des tours, assurent les articulations entre les trois nefs. Outre des bâtiments à usage domestique et artisanal, le site dispose d’importants dispositifs hydrauliques. Ils permettent de recueillir l’eau d’une source pérenne ainsi que les eaux de nappe grâce à deux galeries drainantes construites dans le coteau. Pour cette période, l’association d’un édifice aristocratique et d’importantes installations hydrauliques d’adduction est pour l’instant inédite. Dans cet ensemble, l’emploi de la technique de la tranchée ou de la galerie drainante est remarquable et a peu d’équivalent sinon dans les différents exemples venus de l’Europe musulmane (Al- Andalous, Majorque, Sicile).

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Un commentaire

  1. Un tapis hélas déroulé pour les pilleurs électroniques…

    Dijon Autrement le Mercredi 1 janvier 2014 à 8h10