Conseil municipal de Dijon : Un dernier budget avant la fin…

Conseil municipal de Dijon du lundi 18 novembre 2013 | Photo Jonas Jacquel

Conseil municipal de Dijon du lundi 18 novembre 2013 | Photo Jonas Jacquel

“Dijon est dans le top ten des régions les mieux gérées de France”. Manifestement fier de lui, repose ses notes, regarde sa montre. L’adjoint au maire de Dijon en charge des finances a tenu la cadence. Comme un cours magistral, il vient de dérouler les principales orientations du budget pour l’année 2014. Année électorale de surcroit.

C’est dire si, sur le papier, le débat s’annonçait évidemment corsé. On n’adopte pas une enveloppe de presque 286 millions d’euros comme ça. D’autant que pour l’opposition, la politique du sénateur-maire de la ville, est plus que blâmable et ne “déroge pas à sa philosophie”. Qu’elle ne partage pas bien entendu.

Un budget en baisse

Et encore une fois c’est une vraie bataille des chiffres qui s’est engagée dans la salle du conseil municipal, lundi 16 décembre 2013. “Le budget 2014 assure la poursuite des objectifs et actions prioritaires de la municipalité”, se félicite Georges Maglica. “Nous dégageons une capacité d’investissement de 37,2 millions d’euros – au budget général* -, soit un niveau équivalent au budget 2012”. Oui, mais par rapport à l’année précédente, le chiffre a diminué de 7,6%. La faute aux élections justement qui mettent entre parenthèses certains projets ou du moins empêchent d’en lancer de nouveaux.

Le budget principal s’élève lui à 274 225 464 euros précisément (Voir notre infographie ci-dessous), en baisse de 1,07% par rapport à 2013. Alors que les charges de maintenance et des consommations énergétiques enregistrent une hausse, d’autres diminuent fortement. C’est le cas des fournitures administratives ou des frais d’affranchissement. Essentiellement grâce à la rationalisation des services avec le Grand Dijon.

“Le budget 2014 prévoit aussi des crédits relatifs au loyer et au remboursement de la taxe foncière sur les propriétés bâties de la nouvelle mairie”, ajoute Georges Maglica. Le volet investissement du budget principal enregistre lui aussi une baisse de 12,15%. Plus de cinq millions d’euros seront attribués au renouvellement urbain de la fontaine d’Ouche, 2,7 millions pour la réalisation du projet des passages Jaurès sur l’ancien site du Petit-Creusot ou encore 2,4 millions pour rénover par exemple la salle de Flore, théâtre du conseil municipal justement.

Le temps de parole en question

“Nous avons un budget sérieux sinon nous n’aurions pas été reconduits”, martèle François Rebsamen. “J’aurais aimé avoir une opposition constructive malheureusement ce n’est pas le cas. Nous avons un bilan que tout le monde reconnaît et vous le verrez”. Il faut dire que quelques minutes plus tôt, le leader de l’opposition, avait souligné l’exercice “classique et particulier” qui s’engageait. Il participe là à un de ces derniers conseils et avait donné le la dès les premières minutes.

En effet, dès l’approbation du procès-verbal du précédent conseil, il revient sur un incident. Le 18 novembre 2013, François-Xavier Dugourd et son équipe avaient quitté la session après avoir essuyé un refus de prise de parole. “Le temps de parole a été, à une minute près, égal”, répond François Rebsamen. “Après, je peux très bien appliquer le règlement de la ville de Bordeaux qui limite à 5 minutes les interventions par exemple”.

Mais l’opposition n’est pas en reste. “Le local que vous nous avez attribué est dans un état lamentable, voilà un an que nous demandons un nouveau photocopieur […] Vous faites preuve de mépris envers les élus. Ce n’est pas respectueux des principes élémentaires des élus de la République”.

Les “deux personnalités” de François Rebsamen

Quelques minutes plus tard, il dénoncera les orientations prises par la municipalité : “Les dépenses réelles de fonctionnement sont 12% supérieures à celles des villes de même strate et les dépenses d’équipement, 40% inférieures”, détaille-t-il en brandissant un document du ministère du Budget.

Laurent Bourguignat, conseiller municipal UMP de renchérir : “Je crains un dédoublement de personnalité. Le premier François Rebsamen serait maire de Dijon expliquant que tout va pour le mieux et le second serait sénateur, président du groupe socialiste au Sénat et soutiendrait sans retenue François Hollande. Il prônerait des beaux principes le lundi pour mieux les piétiner”, lance-t-il en évoquant l’imposition.

“Nous n’avons jamais augmenté les impôts plus que l’inflation”, répète François Rebsamen. “42% des habitants sont exonérés totalement ou partiellement de taxe d’habitation, mais ça, vous ne le dites pas”. Ainsi, les impôts et taxes sont anticipés à presque 152 millions d’euros contre 147 millions l’an passé. Là, François Rebsamen se félicite des gains de population qu’a connus la ville. Les chiffres qui doivent être officiellement dévoilés la semaine prochaine placent Dijon dans une spirale positive puisqu’elle est une des seules grandes villes de la région, avec Sens, a avoir gagné des habitants.

L’opposition attend de la mairie qu’elle réalise des économies citant par exemple le projet de relocalisation des Tanneries ou le financement de la télévision locale Voo TV, placé depuis le 10 décembre en redressement judiciaire. “C’est le modèle de François Rebsamen qui s’effondre”, commente François-Xavier Dugourd.

De son côté, François Rebsamen rappelle que la dette, par exemple, atteindra le niveau d’avant 2001 soit environ 210 millions d’euros. Un point sur lequel le conseiller sans étiquette Franck Ayache a voulu revenir avant d’être retoqué. Dans son intervention, il prévoyait de dénoncer le “double guichet ouvert au Grand Dijon”, rendant François Rebsamen “responsable du doublement de la dette des Dijonnais”. Pour ce qui est de la ville de Dijon, 7,72 millions seront dédiés à l’amortissement de cette dette durant l’année.

* Le budget général rassemble le budget principal et les trois budgets annexes du stationnement, de l’Auditorium et de la Zone d’aménagement concertée Clémenceau-Boudronnée.

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