“Nous hackons les marchés publics pour promouvoir l’open data”

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Sur les capots des ordinateurs, des autocollants d’associations militantes pour la liberté d’Internet. Sur les écrans défilent des lignes de code informatique. Une dizaine de membres d’Open data Bourgogne derrière leurs machines, se sont réunis samedi 14 décembre à Dijon, pour un “hackathon”. “Hackons les marchés publics”, c’est le thème de la journée, pour promouvoir la liberté des données publiques.

On ne parle pas ici de “hacking” au sens “piratage”, l’introduction frauduleuse dans un système à des fins malhonnêtes. Le hackeur, au sens premier, est un bidouilleur. Un passionné d’informatique qui s’attache à la compréhension du fonctionnement d’un système.

“Nous sommes un groupe de citoyens soucieux de la chose publique”, explique Brice Person, alias “Popeye”, le porte-parole d’ Bourgogne. “Un groupe informel d’aficionados de l’ qui veut se rendre utile.” La plupart sont informaticiens, programmateurs. Ils ne se retrouvent pas dans la définition commune du hacker. “Pour nous, c’est plutôt quelqu’un qui détourne un objet de sa fonction première”, détaille Gérald Schwartzmann, par ailleurs membre du Parti pirate. Le débat s’anime et personne ne semble être vraiment d’accord sur la définition.

Obscurs marchés publics

Le principe d’un “hackathon” est “de réaliser un objectif précis en un délai donné”, dit Brice Person. Un néologisme entre hacker et marathon. Une course numérique contre le monde et en équipe. Leur objectif, pour aujourd’hui, est de rassembler toutes les informations possibles sur les marchés publics passés par le Grand Dijon et d’en proposer une visualisation accessible. “Nous avons choisi les marchés publics, parce que cela intéresse tout le monde et que ce n’est pas assez transparent”, assure “Popeye”.

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La tâche est loin d’être aisée. “Pour le Grand Dijon, seulement les données de cette année disponibles. Pour les avoir depuis 2003, il a fallu aller les chercher dans un dossier de plus de 4000 documents.” Et ce n’est pas fini. Une fois les fichiers localisés, il faut ensuite les rendre compatibles à la visualisation. Il faut les nettoyer, les traiter à travers des processus informatiques, ce qui peut vite d’avérer fastidieux.

“Les données proposées par les administrations sont parfois dans un très mauvais état”, constate Brice Person. Parfois de simples documents scannés, très difficiles à exploiter. Mauvaise volonté de la part des institutions ou simple incompétence, ignorance des bonnes pratiques de la publication de données ? Difficile à dire pour les membres d’Open data Bourgogne. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il reste du travail.

“L’open data nous permet d’avoir des repères”

Pourtant, les enjeux de l’open data sont énormes. “Cela nous permet de comprendre ce que l’on fait, de nous mesurer”, assure Brice Person. “L’open data nous permet d’avoir des repères, de regarder ce que font les autres. Ce qui marche, ce qui ne marche pas.” Des dizaines d’applications sont imaginables. en a créé une, lors d’un précédent hackathon à Besançon.

Grâce aux données rendues publiques par la ville, il a pu concevoir une carte qui affiche presque en temps réel le nombre de vélo disponibles sur les stations en libre-service. Et cela n’a coûté que du temps. “L’open data, ce n’est pas un gros budget pour faire un site pimpant”, reprend Brice Person. “Il s’agit juste de former les gens qui manipulent des données pour pouvoir les rendre accessibles”.

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Un projet de loi bientôt en examen

Le gouvernement semble avoir compris l’intérêt de l’open data. Dans le nouveau projet de loi concernant la décentralisation, qui va être examiné l’année prochaine, un article y est consacré.

L’article 29 “vise à faciliter l’accès aux données publiques (“Open Data”) avec une mise à disposition de celles-ci pour les collectivités territoriales de 3.500 habitants et plus. L’objectif est de faciliter la réutilisation la plus large des informations publiques produites par les services publics.

Le renforcement de l’ouverture des données publiques des collectivités représente un enjeu important, notamment parce qu’elles disposent des jeux de données présentant un fort potentiel de réutilisation (transports publics, gestion des déchets, services de l’eau, voiries, activités économiques, éléments budgétaires…). La mise à disposition des informations locales contribuera, par ailleurs, au rayonnement territorial (attractivité économique, touristique,…) et au renforcement de la confiance des citoyens dans leurs élus.”

La loi devrait donc rendre obligatoire la mise à disposition de données publiques dont les administrations disposent au format électronique par une mise en ligne sur leur site Internet. Mais les membres d’Open data Bourgogne restent vigilants. “C’est une affaire de format et d’exploitabilité des données”, pointe Brice Person. “Nous on sait ce qu’il faut faire pour faire de la bonne open data. On essaye de faire la promotion de ces bonnes pratiques auprès des administrations et de sensibiliser le public”.

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2 commentaires

  1. Très bonne nouvelle pour la démocratie, avec tous les moyens dont disposent les collectivités territoriales aujourd’hui, cela fait bien longtemps que l’Open Data devrait être mise en place. D’autant plus que la loi impose normalement aux collectivités d’informer les administrés. Qu’est-ce qu’on attendait ?

    NVAIRELLES le lundi 16 décembre 2013 à 9h53

  2. apcalis oral jelly review

    Sjfowefwef le mardi 14 janvier 2014 à 0h55