Gaz de schiste : L’Yonne échappe aux forages

Photo Marion Chevassus

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Il n’y aura pas de puits d’extraction de dans l’Yonne. Philippe Martin, le ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie a refusé de céder sept permis de recherche de dans le bassin parisien – dont un à Joigny, dans l’Yonne -, jeudi 28 novembre 2013, à la société américaine Hess Oil.

Ces permis de recherche avaient été rachetés par la firme d’outre-Atlantique à la société Toreador Energy France. Il ne manquait alors que le feu vert de l’État pour valider ce changement de propriétaire. Entre temps, la loi du 13 juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique est passée par là.

Ne pas se laisser impressionner

Mais cette cession n’avait jamais été réellement annulée, la société Hess Oil ayant même tenté de s’adapter aux nouvelles conditions (Lire le rapport en fin d’article) après quoi elle avait demandé aux tribunaux français de trancher. L’État a donc été condamné, dans le cadre du contentieux ouvert par la société à prendre rapidement, et sous astreinte, position sur ces demandes.

Le groupe écologiste EELV Bourgogne demandait lundi 25 novembre 2013 au ministre de refuser cette demande, “considérant que l’ordonnance du tribunal exige de l’État non pas de “donner droit” mais de “réexaminer” la demande de Hess Oil, considérant également les engagements du président de la République de réduire de 30% la consommation d’hydrocarbures à l’horizon 2030.

La Bourgogne concernée

“Le Ministère de l’Écologie déclare être contraint par une décision de justice du tribunal de Cergy-Pontoise du 26 septembre 2013, d’accorder à la compagnie américaine Hess Oil la propriété de sept permis destinés à rechercher du pétrole de schiste sur un territoire impliquant la Bourgogne. Deux de ces permis concernent les communes voisines de l’Yonne, Rigny-le-Ferron et Courtenay et on une emprise notable sur le département”, signalait EELV Bourgogne.

Le groupe écologiste rappelait aussi le vœu voté lors de la session plénière du 14 mars 2011 au conseil régional de Bourgogne,” reconnaissant les menaces climatiques et environnementales que représentent l’exploitation du pétrole de schiste, demandant la suspension de l’attribution du permis d’exploration et demandant un moratoire sur tous les forages d’exploration prévus en Bourgogne”.

L’avenir n’est pas dans le schiste

“J’ai tenu – ce qui ne s’était jamais fait auparavant – à croiser l’expertise technique de mes services à l’expertise citoyenne des collectifs anti-gaz et huiles de schiste qui ont été reçus à plusieurs reprises accompagnés des élus concernés par ces permis”, a précisé aujourd’hui le ministre sur sa méthode de travail.

Aujourd’hui Hess Oil réclame 30 000 euros par demande de mutation refusée. Le ministre doit négocier une remise sur ces sommes lors d’une audience le 6 décembre prochain. “Je prends mes décisions en connaissance de cause et je les assume”, assure-t-il.

Selon une étude américaine, il y aurait 3 900 milliards de m3 de gaz techniquement récupérable en France via la fracturation hydraulique. Pour le pétrole de schiste, la quantité serait de cinq milliards de barils. “Le sujet des gaz de schiste et de leur prétendue manne financière est un sujet controversé”, précise pour sa part le ministre dans un communiqué. “La compétitivité de nos entreprises et l’amélioration du pouvoir d’achat des Français passent par la transition énergétique”.

Une décision qui fait suite à la nouvelle charge de plusieurs parlementaires qui ont plaidé, mercredi 27 novembre, pour le lancement de “quelques dizaines de forages expérimentaux afin de tester la fracturation hydraulique améliorée ou des techniques alternatives”.

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