Conférence de Varsovie : EELV déplore l’échec des négociations sur le climat

Photo Jonas Jacquel

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Ni le passage du typhon Haiyan, le 8 novembre 2013 aux Philippines, ni les conclusions alarmantes du GIEC sur la hausse des températures n’auront réussi à décoiffer les membres de la , réunis du 11 au 22 novembre 2013. C’est ce qu’a regretté publiquement Philippe Hervieu, vice-président écologiste () au conseil régional de Bourgogne, lors de la session plénière du lundi 25 novembre 2013.

“Après Cancún, Copenhague, cette conférence est un nouvel échec”, regrette l’élu. “Pas de sursaut international”, malgré l’émotion suscitée par le typhon, lors de cette rencontre internationale au sommet, “où la mainmise des sponsors du charbon – dont la conférence organisée en marge a provoqué le départ des ONG à juste titre”, précise-t-il, agacé. Les travaux du GIEC ont pourtant confirmé la hausse des températures à 2%, ainsi qu’une accélération des phénomènes paroxystiques.

Dégradation écologique = réhabilitation en Bourgogne = 1 milliard d’euros ?

Si les politiques écologistes n’avancent pas à l’échelon mondial, elles tentent de s’inscrire dans le quotidien des Bourguignons à travers ce nouveau plan Climat énergie territorial, voté par le conseil régional. Sa finalité première, lutter contre le en réaffirmant la volonté de s’engager sur l’objectif des “3×20” (réduire de 20% les gaz à effets de serre, diminuer de 20% la consommation totale d’énergie et porter à 20% la part des énergies renouvelables).

Photo Jonas Jacquel

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Et pour mettre en œuvre le changement, rien de tel qu’une politique de rénovation urbaine avec le plan Bâtiments de demain. Il part du constat que les bâtiments existants consomment plus de 40% de l’énergie finale de la région. 23 000 logements et 1500 bâtiments tertiaires devront être réhabilités annuellement dès 2017. Dont 800 lycées et établissements totalisant plus d’1,5 million de m2. “On ne peut s’y opposer”, entame Pascal Grappin. “Mais avec un coût moyen au mètre carré de 700 euros, on arrive au milliard d’euros”. Trop cher, le plan de réhabilitation en vue des économies d’énergies ?

La réponse du conseiller écologiste ne se fait pas attendre. “L’écologie, ce n’est pas seulement les petits oiseaux, les pelouses et les rivières. C’est aussi le transport, l’économie, etc.” Fâché d’entendre un discours peu proactif, il raisonne : “Aujourd’hui, nous ne pouvons quantifier en euros les dégâts que nous faisons sur l’environnement. C’est vrai que tant que l’on ne pourra pas mettre un coût en face de la pollution de l’air, de l’eau, de la terre, etc., en effet, votre question restera légitime…” Rappelant que chaque pas en arrière fait sur le climat nous rapproche d’une sorte de fatalité, dangereuse pour l’Homme. “Nous sommes dans l’irréversibilité des politiques.”

“Je suis climatosceptique”, se risque Edouard Ferrand, histoire de polémiquer encore un peu. “Et puis, il n’y a pas de véritable responsabilité des hommes dans la dégradation du climat.” Cela dépend de quel climat l’on parle.

10 000 euros d’aide (contestée) aux Philippines

Fort peu convaincus par les propos de Philippe Hervieu, les membres du Front national font entendre leur grogne lors de la session du conseil régional : “Contre la subvention en direction des victimes du typhon” se positionne Edouard Ferrand, dénonçant une “mondialisation des sentiments”. Le groupe , qui “préfère la véritable charité, à côté de chez lui”, intarissable sur les chiffres de la précarité, argue d’un climat déjà délétère pour les Français, alors pourquoi diable disséminer les crédits régionaux ailleurs ? “On prend les Bourguignons pour des vaches à lait, pour des gogos!”

“D’abord, je vous croyais charitable”, ironisera François Patriat, président du conseil, avant de comparer les 800 millions destinés aux Bourguignons et les 10 ou 20 000 euros attribués à l’international (à des associations bourguignonnes). “Vous faites d’un peu de vertu de notre part, d’un épiphénomène… en fait, je vous trouve un peu ‘polémique-short‘, limité.” Bref, je vous trouve “un peu court”, aurait dit Cyrano.

La Bourgogne prêtera donc tout d’abord son soutien au pays sinistré en réservant une subvention exceptionnelle de 10 000 euros à l’association Caméléon (Chalon-sur-Saône) et à Secouristes sans frontières de Bourgogne (Dijon) à parts égales. La première est installée aux Philippines, mais sa maison d’accueil et son centre d’aide aux jeunes femmes victimes d’abus sexuels ont été endommagés par le typhon. Ils se mobilisent sur place pour participer aux soins d’urgence. La seconde a envoyé huit bénévoles à Daan Bantayn, dans une zone difficile d’accès, pour aider les victimes et apporter des médicaments et du matériel médical.

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