Le nouveau destin du Domaine de la Cras

Photo Jonas Jacquel

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Le plateau qui revêt encore un fin tapis de neige offre une vue majestueuse sur la capitale des Ducs de Bourgogne et son agglomération, encore enveloppée de ses brumes matinales. Un cadre champêtre, planté de quelques hectares de vignes que le Grand Dijon vient tout juste d’acquérir.

Une transaction de 1,3 million d’euros qui doit permettre d’en faire un symbole de l’agriculture périurbaine.

Un destin évité de justesse

Et le domaine revient de loin. À l’époque de l’émergence des zones d’aménagements concentrées de la Fontaine d’Ouche à Dijon et du Belvédère à Talant, le destin du plateau de la Cras est tout trouvé : il accueillera des immeubles ! Les bras de fer politique se faisant, le territoire restera vierge de toute construction. Tout juste quelques hectares de vigne et de terre agricole.

“C’est l’équivalent de 11 000 logements”, souligne , premier vice-président du Grand Dijon. Celui qui est régulièrement taxé de bétonner la ville fait le parallèle avec sourire. “Robert Poujade voulait que cet endroit soit la dernière zone d’extension de la ville”, rappelle . “À cette époque, le mur de Berlin n’était pas tombé, les terrains militaires étaient encore occupés”. Depuis, au Sud de la ville ou le long de l’avenue du Drapeau commencent à se dresser de nouveaux quartiers.

“Ce plateau, je ne veux pas en faire un quartier comme les autres”, concède François Rebsamen. Il était à vendre depuis plusieurs mois sans pour autant trouver d’acheteurs. Alors, c’est pour “préserver l’environnement et constituer une ceinture verte autour que l’agglomération”, que cette dernière a décidé d’en faire l’acquisition. D’autant qu’il offre trois visages totalement différents : des vignes, des terres agricoles à valeur agronomique satisfaisante et des terrains à plus faible valeur.

Un symbole de l’agroalimentaire de demain ?

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Photo Jonas Jacquel

Depuis plusieurs mois le projet était dans les cartons et les rumeurs allaient de plus belle concernant le devenir de ce terrain. Certains voyaient volontiers l’agglomération planter l’ensemble des 160 hectares de cépages pour produire son propre vin. Il n’en sera rien. Enfin presque. “Le vignoble actuel est de l’ordre de huit hectares”, souligne Pierre Pribetich. Le tout réparti en deux zones : trois hectares de Blanc et cinq hectares de Rouge. “Ces deux zones pourront être étendues pour atteindre finalement 22 hectares”. Une renaissance de la Côte du Dijonnois.

L’exploitation viticole a d’ores et déjà été attribuée à un viticulteur de la Côte de Nuits qui souhaitait s’installer. Avec l’assurance que son travail viticole sera raisonné pour permettre ensuite un passage en système bio ou en biodynamie. Une volonté de l’agglomération pour affiner son axe de développement autour de l’agroalimentaire.

Le matin même, François Rebsamen posait la première pierre du technopôle Agronov, à Bretenière. Un rassemblement d’entreprises qui doit permettre de faire émerger l’agriculture de demain. “Dijon est désormais labellisée Cité internationale de la gastronomie avec comme pôle moteur, le thème des cultures et des traditions du vin”, ajoute Rémi Detang, vice-président en charge des Affaires foncières. “Le domaine pourra devenir, dans ce contexte, un outil en faveur de la défense de l’agriculture et la vitrine d’une agriculture vertueuse et diversifiée aux portes de l’agglomération”.

Photo Jonas Jacquel

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Une dizaine d’exploitations, actuellement en jachère, devraient ainsi voir le jour. Sur le terrain le plus à l’Ouest, ovins et caprins vont s’installer en raison de la trop forte densité de calcaire pour entamer une culture. Le bail sera accordé pour 40 ans afin d’inciter des jeunes à venir s’installer.

Et alors que le fermage de l’activité viticole se traduira par le versement de 2 000 bouteilles à la ville, François Rebsamen atteste vouloir faire la promotion des circuits courts. À le croire, de nouveaux marchés pourraient donc rapidement s’ouvrir pour les agriculteurs au sein des collectivités par exemple. Au détour d’une parcelle, une truffière de plus de trois hectares sera aménagée et des sentiers balisés pour permettre aux publics de déambuler. Le projet doit commencer à prendre corps dès le début de l’année 2014.

Les commentaires sont clos.

  1. On dirait Marie-Antoinette qui s’offre le petit Trianon!!! Les français veulent du pain qu’on leur donne de la brioche

    Lola le vendredi 22 novembre 2013 à 18h58

  2. qu’on leur donne du vin ;-))) au moins ils oublieront…

    charles le vendredi 22 novembre 2013 à 19h31

  3. ils oublieront leur feuille d’impôts locaux………

    charles le vendredi 22 novembre 2013 à 19h31

  4. Belle initiative! Ce plateau est superbe et le mettre en valeur est une très bonne idée.
    Et dire que la droite locale donne des leçons d’urbanisme alors que Poujade voulait le bétonner!

    Chouettecity le vendredi 22 novembre 2013 à 21h25

  5. cela évitera de le vendre aux chinois

    pol le samedi 23 novembre 2013 à 7h26

  6. D’AUCUNS PREFERENT LE RAISIN A LA RAISON (SUITE)…

    Dijon Autrement le samedi 23 novembre 2013 à 8h08

  7. Les habitants et jardiniers des lentillerres Que l.on expulse apprécieront !!!!

    Antoine le samedi 23 novembre 2013 à 10h33