Flavigny-sur-Ozerain, tout en “douceurs”

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En lice face à 21 autres villages de l’Hexagone, Flavigny-sur-Ozerain (21) espère bien être élu cette année au titre de “village préféré des Français“. Le petit bourg a en effet l’honneur de représenter la Bourgogne dans ce concours télévisé présenté par Stéphane Bern et diffusé mardi 4 juin 2013 à 20h40 sur France 2.

Depuis le 16 avril, les internautes ont pu voter via Internet pour élire le village de leur cœur. Et Flavigny, déjà classé parmi les “100 plus beaux villages de France”, a toutes ses chances puisque la petite bourgade de 300 âmes bénéficie d’une réputation internationale grâce à un ” bien bon bonbon” : les .

Un produit traditionnel de terroir dont la production est, chose rare, toujours réalisée “à l’ancienne” dans l’enceinte même des remparts de . Mais si les petites confiseries sucrées ont su garder toute leur authenticité, la fabrique des Anis de Flavigny a su se moderniser pour séduire le marché mondial. En douceur, la société aujourd’hui menée par Catherine Troubat est passée en dix ans 16 à 33 salariés…

2.000 ans d’histoire locale dans une petite boîte

Tout comme la moutarde, le pain d’épices et le cassis, les anis font partie de l’identité gastronomique de la Bourgogne. Incontournables aujourd’hui pour le tourisme local, leurs traces remontent presque à la nuit des temps. D’abord à l’époque de Jules César, qui en siège contre Alésia – à moins de dix kilomètres de Flavigny – se servait de l’anis comme remède médicinal contre la dysentrie.

Puis durant des siècles, les moines bénédictins installés depuis 719 dans l’abbaye de Flavigny ont produit les fameux bonbons à l’anis. Après leur désertion à la Révolution française, ce sont les habitants du village qui ont repris de façon indépendante la fabrication. Au XIXe siècle, au moins huit familles du village vivaient de cette production.

Crédit photo Jonas Jacquel

Crédit photo Jonas Jacquel

Petit à petit, au début du siècle dernier, les familles se sont fédérées et en 1923 la famille Troubat rachète la fabrique de nouveau installée au sein des murs de l’abbaye. Les anis se font alors connaître sur les fêtes foraines, dans les grands magasins, dans les distributeurs automatiques des gares ou les stations-services d’autoroutes.

Aujourd’hui, c’est Catherine Troubat qui gère la fabrique des Anis de Flavigny. Native du village, elle continue de perpétuer le lien social entre les anis et le bourg, dépassant la simple odeur enivrante qui emplit les ruelles de Flavigny. Elle est d’ailleurs adjointe à la mairie. Depuis sa prise d’activité en 1999, la société a pris un nouveau tournant. Celui de la modernité ? Dans la gestion marketing oui, mais en tablant sur la tradition et le terroir pour faire de ce petit bonbon un symbole et produit touristique à part entière…

Le Saviez-vous ?

  • Malgré le pastis et les bonbons, les graines d’anis ne sont pas produites en France. En raison du climat, elles sont importées de Syrie, d’Egypte, et d’autres pays bordant la méditerranée.
  • Il ne faut pas moins de quinze jours d’élaboration par bonbon ! Quinze jours d’enrobage lent au sucre dans de grandes turbines de cuivre
  • Les Anis de Flavigny furent l’une des premières douceurs à être vendues dans les distributeurs automatiques du métro parisien en 1940.
  • En raison de leur pérennité, les Anis de Flavigny constituent la plus ancienne marque de France.

La recette du Made in France

C’est en ce sens que l’ancienne abbaye où sont toujours fabriqués les anis aujourd’hui, au cœur du village médiéval, a décidé d’ouvrir ses portes aux visiteurs. Alors qu’ils étaient 6.000 à avoir fait le déplacement en 2006, plus 60.000 touristes ont passé la porte en 2012 !

Aujourd’hui c’est Vanessa Labaule, chargée de promotion touristique pour la société qui se charge de faire le guide. Une visite, gratuite et ouverte à tous et pleine de curiosités pour une entreprise qui dans un contexte difficile se développe de plus en plus. L’année passée, elle a dégagé un chiffre d’affaires annuel de 3,5 millions d’euros. “En ces temps de crise, on a de la chance”, concède Vanessa Labaule.

En dix ans, le nombre de salariés a doublé pour passer de 16 à 33. Pourtant, la fabrique reste fidèle à son image : traditionnelle, à taille humaine. Si 250 tonnes de bonbons sont fabriquées chaque année – soit 250 millions de bonbons -, la méthode de fabrication est restée la même.

Et il ne faut pas moins de quinze jours par dragée pour être élaborée, dans de grandes turbines en cuivre. 200 kilos de sucre y sont petit à petit versés sur les graines d’anis en constante rotation, selon la même méthode qu’au temps des moines. Si les anis peuvent briguer le titre d’entreprise modèle du Made in France, les graines d’anis ne sont toutefois pas produites en France. Catherine Troubat a pourtant bien tenté maintes et maintes fois de les faire pousser dans l’hexagone, mais le climat ne le permet pas. Il faut ales importer de Syrie ou d’Egypte.

Dans la salle de conditionnement, six ouvrières s’affairent à emballer à la main dans leur boite les bonbons. Chacune de la région, leur métier a même pour la plupart été transmis de génération en génération.

Pour s'enrober de sucre, les graines d'anis tournent dans de grandes turbines en cuivre | Crédit photo Jonas Jacquel

Pour s’enrober de sucre, les graines d’anis tournent dans de grandes turbines en cuivre | Crédit photo Jonas Jacquel

Un bonbon qui s’exporte

Pour séduire la clientèle internationale, la fabrique a revu entièrement sa gamme en 2006. De nouveaux parfums sont apparus et les mythiques boîtes ovales ont été redessinées pour remettre au goût du jour l’ancienne légende de la fameuse bergère. Celle visible sur tous les couvercles en métal qui se voit offrir des bonbons à l’anis par un jeune berger, promesse d’un avenir radieux pour le couple.

Aujourd’hui, le packaging “so frenchy”, comme l’explique Vanessa Labaule, a beaucoup de succès pour la clientèle internationale. La fabrique réalise ainsi 30% de son chiffre d’affaires à l’export. Une part toujours grandissante et non négligeable, qui avait d’ailleurs poussé la société à élargir sa gamme de parfums : “Au Japon par exemple, il n’aiment pas du tout le parfum d’anis ; s’ils en goûtent, ils le recrachent immédiatement !”

Infos pratiques

La Fabrique des Anis de Flavigny est ouverte à la visite du lundi au vendredi de 9h à 11h, et sur réservation au 03.80.96.20.88.
Entrée gratuite.

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