Dijon : Un futur budget déjà électrique

Conseil municipal de Dijon du lundi 18 novembre 2013 | Photo Jonas Jacquel

Conseil municipal de Dijon du lundi 18 novembre 2013 | Photo Jonas Jacquel

C’est une tradition. À chaque fin d’année, les élus débattent sur les orientations budgétaires à suivre pour l’exercice de l’année suivante. Dans un contexte électoral grandissant, les conseillers municipaux de la ville de Dijon ont donc été invités à le faire, lundi 18 novembre 2013.

En préambule du conseil déjà, , le sénateur-maire de la ville, avait livré sa vision des débats : “Lorsque j’étais dans l’opposition, face à Robert Poujade, nous proposions nos propres orientations”, lance-t-il en regardant Alain Millot, son actuel premier adjoint. “J’attends donc de l’opposition d’aujourd’hui qu’elle fasse les siennes. Après tout nous sommes à quatre mois des élections […] Il ne faut pas tirer à boulets rouges, quitte à manquer sa cible”.

François Rebsamen assume la politique du gouvernement

Il est vrai que dans la salle, plusieurs candidats ou états-majors de candidats assistent au conseil. Qui s’avèrera être très musclé. “Nous lui ferons nos propositions”, assurent en cœur les UMP et .

“Le budget 2014 s’inscrit dans un contexte économique et budgétaire difficile au niveau national qui impactera significativement les finances de la Ville”, assure Georges Maglica, adjoint au maire en charge des finances. De quoi faire bondir l’opposition qui s’interroge : “Existe-t-il deux François Rebsamen, celui qui est maire de Dijon et celui qui est sénateur ? Celui qui semble s’alarmer des dotations de l’État et celui vote le matraquage fiscal ?”.

L’élu se souvient d’un temps où le sénateur-maire parlait de “glaciation”, en moquant le gel des dotations de l’État. “Nous ne cachons pas les difficultés auxquelles nous sommes confrontés, nous collectivités locales”, répond François Rebsamen. “Il faut bien mettre sur la table l’environnement national et il est vrai que les collectivités locales doivent faire un effort supplémentaire”.

L’adjoint aux finances détaille : “Après une stabilisation en 2013, les concours financiers de l’État connaîtront un recul en valeur de 1,5 milliard d’euros en 2014, auquel s’ajoutera en 2015 une seconde diminution de 1,5 milliard d’euros”. Cette baisse des concours de l’État devrait se traduire pour la ville de Dijon par une baisse de dotations dont l’ordre de grandeur est estimé à deux millions d’euros en 2014 par rapport à 2013.

Les impôts en question

À ça, il faut ajouter le relèvement de la TVA – à l’exception du secteur du bâtiment et de la rénovation thermique -, la hausse des cotisations sociales des collectivités locales ou encore l’impact du fonds de péréquation. “Nos contrats de partenariat avec les différentes collectivités arrivent à leur terme. Il va falloir renégocier tout ça”, complète François Rebsamen. Sachant que les deux collectivités – le conseil général de Côte-d’Or et le conseil régional de Bourgogne – seront à un an de leur renouvellement, le sénateur-maire promet des négociations “assez sympas”.

Conseil municipal de Dijon du lundi 18 novembre 2013 | Photo Jonas Jacquel

du lundi 18 novembre 2013 | Photo Jonas Jacquel

Laurent Bourguignat chiffre cette baisse : “Il faudra faire avec 2,3 millions d’euros de recettes en moins”. , conseillère d’opposition elle aussi, d’ajouter : “Les perspectives sont sombres pour les Dijonnais, car la ville se trouve asphyxiée par la politique du gouvernement. Les orientations ne mettent pas à l’abri les Dijonnais d’une augmentation massive des impôts au lendemain des élections municipales”.

François Rebsamen se porte en faux : “Moi, je ne suis pas un maire qui, par souci électoral, n’augmentera pas les impôts à la veille des élections. Les taux augmenteront bien, mais moins que l’inflation donc pas plus de 1% comme nous nous y sommes engagés”.

L’opposition claque la porte

“La différence entre vous et nous, c’est que plutôt que d’augmenter les impôts, nous voulons réduire les dépenses”, renchérit Laurent Bourguignat. Il propose ainsi de réduire les dépenses de réceptions et de communication, de “réinterroger” les Maisons de l’emploi et de la formation, d’abandonner le relogement des Tanneries. Au lieu de ça, Georges Maglica atteste de la rationalisation du patrimoine municipal, d’une stratégie de réduction des consommations énergétiques ou encore de l’optimisation des achats.

“Les frais de cérémonie sont passés de 205 000 à 137 000 euros entre 2000 et 2012, les frais de réception de 375 000 à 355 000 et les frais d’impression de 1,17 millions à 980 000 euros soit -16%. Et vous venez me donner des leçons”, lance François Rebsamen. “Depuis 2008, nous avons généré d’importantes économies sur certains postes de frais généraux : -30% sur les frais de téléphonie, – 25% sur les frais d’affranchissement, – 33% sur les fournitures administratives, -30% sur les frais de réception et de cérémonie”, ajoute l’adjoint au maire. “De plus, depuis 2008, la ville s’est engagée dans un mouvement continu de désendettement : l’encours total de dette est passé de 235,7 millions d’euros à fin 2008 à 215 millions au compte administratif 2012”. François Rebsamen s’avance même en affirmant que le niveau de désendettement à fin 2013 sera inférieur au niveau de 1998. Et d’ajouter “Promesse tenue”.

C’est vrai concède Franck Ayache, pour Initiatives Dijon. Mais “sa structure a fondamentalement changé, ce qui est un vrai danger”. “Désormais 46% des emprunts sont structurés et donc il est impossible d’établir un échéancier d’amortissement”.

La réponse de François Rebsamen et l’interdiction faite à François-Xavier Dugourd de s’exprimer une seconde fois auront finalement pour conséquence de pousser le groupe d’opposition à quitter la séance. “Vous êtes en minorité, vous avez eu trois fois plus de temps de parole”, lance François Rebsamen alors que les onze conseillers se lèvent. Le budget sera lui examiné en décembre, lors de l’avant-dernier conseil de la mandature.

Les commentaires sont clos.

  1. Dlareg

    Merci beaucoup pour ce compte rendu, la diffusion vidéo n’était pas très fiable, voir même quasiment impossible et en plus en Flash :-/ vivement le HTML5

    Dlareg le mardi 19 novembre 2013 à 10h54

  2. Et les frais de bouche du directeur de la Semaad ? c’étaient aussi des réductions de dépense ? Cf le rapport de la cour des comptes régionales…
    La ville fait des économies, pas les structures gérées par M Pribetich !! financées par l’agglo et la ville.

    Phil le mardi 19 novembre 2013 à 22h08