Affaire Léonarda : les lycéens dijonnais rejoignent le mouvement

Photo Jonas Jacquel

Photo Jonas Jacquel

Alors qu’à peine 14% des lycéens et étudiants soutiennent la mobilisation des leurs contre les expulsions des jeunes étrangers scolarisés, le mouvement s’importe à Dijon. Jeudi 14 novembre, ils doivent se rassembler place de la Libération.

“Il est hors de question d’accepter que la scolarité d’élèves soit saccagée par des décisions injustes, arbitraires et brutales”, clament ainsi les responsables de l’Union générale des étudiants de Dijon. “Tout élève doit pouvoir mener sa scolarité à terme, quels que soient sa nationalité, son statut ou celui de ses parents”.

La contestation fait écho à l’expulsion de Léonarda Dibrani, 15 ans et de Khatchik Kachatryan, 19 ans respectivement vers le Kosovo et l’Arménie. Ainsi que “tous ceux et de toutes celles qui ont sans doute été expulsés en silence”, précise le collectif.

En parallèle, le comité de mobilisation de Dijon entend aussi se mobiliser pour “défendre l’accès de toutes et tous à l’enseignement supérieur” : “Ce désengagement progressif du public se traduit par une présence de plus en plus claire et assumée d’entreprises au sein de nos universités”.

Pour en savoir plus, lire le communiqué de presse ci-dessous.

“Ce jeudi 14 novembre 2013 aura lieu un rassemblement à 14h place de la Libération pour la défense de l’accès à l’éducation, organisé par le comité de mobilisation de Dijon.

Alors qu’aujourd’hui en France, les expulsions de lycéen-e-s et étudiant-e-s sans-papier s’accélèrent malgré un gouvernement de gauche ; nous, étudiant-e-s, lycéen-e-s et travailleurs-euses nous opposons à la politique de Manuel Valls.

Pour nous, il est hors de question d’accepter que la scolarité d’élèves soit saccagée par des décisions injustes, arbitraires et brutales. Tout élève doit pouvoir mener sa scolarité à terme, quels que soient sa nationalité, son statut ou celui de ses parents. La disparition d’un-e élève, capturé-e dans le cadre scolaire ou ailleurs, est un événement intolérable.

Nous exigeons le retour des élèves expulsé-e-s avec leurs familles : de Khatchik, lycéen parisien expulsé en Arménie ; de Léonarda avec toute sa famille, expulsées au Kosovo, mais aussi de Cheikh Kouyate, lycéen de Crest (Drome) expulsé au Mali en juin alors qu’il allait passer une épreuve de baccalauréat ; de David Victor, élève malgache de BTS au lycée L. Rascol d’Albi expulsé en mai ; de Dreini Kalanderi, élève kosovar du lycée d’Audincourt expulsé le 1er octobre ; et de tous ceux et de toutes celles qui ont sans doute été expulsé-e-s en silence.

Nous sommes également mobilisé-e-s pour défendre l’accès de toutes et tous à l’enseignement supérieur, qui subit dans le cadre du processus de Bologne un désengagement progressif de l’État. Pour combler leur déficit engrangé par ce désengagement, les universités adoptent des politiques d’austérité qui nuisent à un enseignement de qualité et entraînent des conditions d’études scandaleuses. A l’université Paul Valéry de Montpellier, le budget a été diminué de 4 millions d’euros, entraînant le gel ou la suppression de très nombreux postes.

Ce désengagement progressif du public se traduit par une présence de plus en plus claire et assumée d’entreprises au sein de nos universités. Cette privatisation rampante est un danger pour une éducation émancipatrice et non au service de l’économie et des lois du marché, un danger pour une éducation ouverte à tous. En effet, le désengagement du public et l’autonomie des universités entraînent notamment une hausse des frais d’inscriptions, comme on a déjà pu le voir à l’université Paris Dauphine.

Augmenter les frais d’inscriptions, c’est fermer l’université aux étudiant-e-s les plus précaires. Ces derniers sont d’autant plus exclu-e-s que les diverses mesures rendent de plus en plus compliquée la poursuite d’études pour les étudiants dans l’obligation de se salarier pour financer leurs études. Or, ces étudiant-e-s sont de plus en plus nombreux, et cela ne peut qu’aller en augmentant si le CNOUS persiste à se transformer en organisme dont le but principal est la rentabilité.

Lycéen-ne-s sans-papiers, étudiant-e-s et lycéen-ne-s précaires, même combat !
Pour un accès à l’enseignement pour tous !”

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