Les artisans et commerçants se sentent sacrifiés

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Une affichette noire sur la devanture et en grosse lettre blanche “Sacrifié, mais pas résigné”. C’est ce que vous risquez de voir sur la devanture de votre boulangerie ou de votre charcuterie, mercredi 13 novembre 2013. L’union professionnelle artisanale vient en effet de lancer une opération d’envergure pour interpeller le gouvernement sur la fiscalité et le cout du travail trop élevé.

Le dispositif a été dévoilé sur les ondes de RTL par le président de l’Union, Jean-Pierre Crouzet, par ailleurs boulanger à Fontaine-les-Dijon : “Six entreprises disparaissent toutes les heures”, lance-t-il. “Nous ne sommes pas des casseurs, nous sommes responsables, nous allons donc lancer une pétition, Sauvons la proximité, pour témoigner de l’urgence que connaît notre secteur de l’artisanat”. Une vidéo circule même sur internet pour dénoncer cette situation.

“Le gouvernement a choisi de nous sacrifier en nous asphyxiant lentement mais sûrement par le poids croissant des prélèvements obligatoires”, assure l’. “Il nous a choisis, car il fait le pari que nos entreprises ne réagiront pas compte tenu de leur dispersion sur tout le territoire et de leur taille réduite. À l’inverse, il ne cesse de ménager les intérêts des grosses entreprises”.

En ligne de mire, les autoentrepreneurs bien entendu. Jean-Pierre Crouzet demande au gouvernement d’harmoniser la TVA entre les entreprises artisanales et les autoentrepreneurs exemptés de cet impôt : “Ils sont dans une notion d’entreprise, facture de la TVA, la collecte, mais ne la redonne pas […] Il faudra un taux, le plus simple possible qui peut-être intermédiaire si chacun y participe”. L’union avait appelé de ses vœux un taux à 7%, il sera finalement de 10%.

L’avenir de sa corporation, la boulangerie, pourrit ainsi être chamboulé. La hausse de la TVA n’étant pas forcément répercutée sur le prix de vente. “En plus de ça, la masse salariale représente plus de 50% du chiffre d’affaires et il est impossible de réaliser des gains de productivité, car la production est humanisée”. Jean-Pierre Crouzet avait récemment estimé à 1,1 milliard d’euros les prélèvements supplémentaires sur les entreprises d’artisanat au titre de l’année 2013.

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