Alain Houpert à la rencontre de ses propri-électeurs

Photo Jonas Jacquel

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S’il y a bien un sujet sur lequel , candidat aux Municipales à Dijon est attendu, c’est bien celui de l’urbanisme…. et peut-être aussi celui des transports. C’est sur ces deux thèmes corrélés que les Dijonnais opposés à François Rebsamen attaquent régulièrement l’actuel maire, accusé de “bétonnage” et de “bouchonnage” de la ville.

Parfaitement conscient de l’enjeu que ces deux thématiques représentent, le candidat UMP d’opposition a donc invité jeudi 7 novembre 2013 ses premiers électeurs et sympathisants à un atelier public pour “concevoir un urbanisme plus humain et une ville plus fluide”. L’occasion pour Le Miroir d’aller relever le taux d’agacement en la matière, et recueillir les éventuelles propositions du candidat.

Éventuelles, car façon “Sans aucun doute”, l’atelier a vite tourné en une réunion de propriétaires inquiets…

“Une ville bouchonnée, c’est fort ça en Bourgogne !”

Alain Houpert l’a bien compris, le sujet est sensible. Dès 19h, il ne lui a pas fallu beaucoup de temps pour faire monter la température auprès de son audience. Discours en main, quelques mots suffisent : “Chers amis, avez-vous été consultés pour tous les projets, toutes les constructions, toutes les réalisations de la ville ? Non, on vous consulte après pour vous faire comprendre le bien-fondé de ces installations que vous n’incarnez pas !”, évoquant sans le citer le tramway de Dijon.

Et les adjectifs négatifs pour qualifier la ville pleuvent : “Aujourd’hui Dijon est anesthésiée, ligotée, Dijon ne respire plus. Qu’aura laissé le maire de Dijon ? Une ville embolisée, thrombosée ! Des bouchons ! Une ville bouchonnée, c’est fort ça en Bourgogne !”

En quelques minutes, le public est conquis, remonté à bloc. Et les termes exacts peuvent sortir franchement : “Est-ce qu’on vous a consulté pour le construire, ce tramway ? Et pourtant, c’est vous qui l’avez payé ! Ce tram est devenu une ceinture d’acier pour le centre-ville !”

“En matière de transports, la priorité est à droite, mais le danger est à gauche !”

Photo Jonas Jacquel

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Les présentations faites, l’atelier-débat peut commencer. Sur le thème de l’urbanisme, principalement. Car en matière de transports, à part constater les aberrations circulatoires de leur rue, les participants ont peu de choses à proposer. Des cyclistes incivilisés, une voiture vitale lorsqu’on fait ses courses pour toute une famille au centre-ville, ou encore un circuit de navettes DiviaCity fantoche.

Car bien sûr, il n’est pas question de faire machine arrière sur le tramway, ni de remettre en circulation l’automobile dans l’espace public piétonnisé. L’heure est simplement au regret, à la nostalgie du temps passé. En réponse aux interventions du public – principalement sexagénaire – comme quoi “pour prendre les transports en commun, chargé de courses, faut être jeune !”, ou “Dijon, avant, c’était une ville fluide”, Alain Houpert n’aura qu’un bon mot : “Nous sommes en France, la priorité est à droite, mais le danger est à gauche”.

Pour la sauvegarde du marché immobilier

Sur l’urbanisme, les préoccupations semblent plus grandes. Quelques spécialistes du marché immobilier ou de l’architecture ont été invités à témoigner. Avec en premier lieu Jean Perrin, président de l’Union nationale de la propriété immobilière et accessoirement candidat assimilé de droite aux Municipales de Chevigny-Saint-Sauveur. Pour lui, l’objectif de 1 000 constructions de logements supplémentaires par an à Dijon – et ainsi booster la croissance démographique – est une hérésie. En construisant à foison des logements, dont une bonne part est sociale, on toucherait là à tout l’équilibre du marché locatif classique. Inconcevable pour le public présent, visiblement composé en majorité de petits propriétaires.

Selon Jean Perrin, il n’y aurait pas de manque, mais au contraire un “excédent de logements à Dijon”. Idem pour Anne Erschens, membre de l’équipe d’Alain Houpert : “le nombre de vente de biens immobiliers a diminué de 20% et les pancartes à vendre à Dijon pullulent”.

“Faire la course à la construction parce que ça fait bien de couper un ruban, ce peut être catastrophique. Chaque fois qu’on construit un HLM de plus, on vide un logement privé, source de revenus importante pour un retraité”, détaille Jean Perrin. Et de continuer, applaudi par la salle : “Les propriétaires n’ont plus suffisamment de candidats pour louer leur logement ! On va tout saccager, un marché immobilier qui marchait bien et pouvait rendre service à beaucoup de personnes”.

“Ce que nous voulons à Dijon, c’est des jardins, et surtout pas des cages à lapins”

Photo Jonas Jacquel

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Quant aux nouveaux immeubles jouant la carte de la mixité sociale, pas question non plus d’y investir : “Investiriez-vous dans un immeuble avec dans le logement voisin des cas sociaux” ? “Non !”, répond clairement l’assistance.

Car le public, interpellant les intervenants sur diverses réformes à venir dans le domaine de l’immobilier, crie en chœur leur ras-le-bol : “Avec les socialistes, c’est ‘méchant propriétaire paie, petit locataire on va t’aider’. Les pauvres propriétaires, ça fait pas pleurer dans les chaumières…”

Et les interventions se poursuivent. L’un assure que s’il y a 8 000 logements vacants à Dijon, c’est “parce que les propriétaires, trop taxés et pas assez couverts, n’ont plus intérêt à les louer”. Un autre propose de rénover les appartements vides, grâce aux aides de l’État, bien sûr. Mais là, les questions pleuvent, s’éloignant de plus en plus du fond politique : “Si j’installe une véranda, puis-je bénéficier d’aides ?” “Ai-je le droit de mettre du double vitrage et être aidée si j’appartiens à une copropriété ?”.

Alors pour conclure le débat, Alain Houpert recadre, toujours fort de quelques bons mots. Citant d’abord “Le petit jardin” de Dutronc en référence au grand projet de 1 500 logements sur l’écoquartier des Maraîchers. Puis le baron Haussmann : “l’urbanisme, c’est savoir créer une cité où les flux sont libérés”.

“Je viens d’un village, et c’est l’esprit village qui devra nous guider”. Le candidat propose donc enfin quelques pistes pour Dijon : ouvrir l’espace, créer des promenades, instaurer la construction d’un mètre carré de jardin contre un mètre carré de logement. “Inspirons-nous de belles villes du sud, du cours Mirabeau à Aix-en-Provence !”. Car lui en est certain, “si la ville est belle, ce n’est pas grâce à son maire actuel”.

Les commentaires sont clos.

  1. Cela fait très ” vieille France “. Quelle tristesse ! (Pour que l’on ne se méprenne pas sur le sens de mes propos, je précise que j’ai moi-même 55 ans…) Quelques soient les défauts de l’actuelle municipalité, à tout prendre, elle reste ce qu’il y a de moins pire…

    Citoyen du monde le dimanche 24 novembre 2013 à 11h17